Volkswagen annonce 50 000 suppressions d'emplois en Allemagne d'ici 2030 pour redresser ses marges
Volkswagen supprime 50 000 emplois en Allemagne d'ici 2030

Volkswagen lance un vaste plan de restructuration avec 50 000 suppressions d'emplois

Le groupe automobile Volkswagen a annoncé mardi un plan de réduction des coûts drastique, prévoyant la suppression de 50 000 emplois en Allemagne d'ici 2030. Cette décision radicale intervient après une année 2025 particulièrement difficile, marquée par la pire performance financière du constructeur depuis le scandale du Dieselgate en 2015.

Une situation financière alarmante

En 2025, le bénéfice opérationnel de Volkswagen a chuté de près de 53%, tombant à 8,9 milliards d'euros, avec une marge sur ventes réduite à 2,8% contre 5,9% l'année précédente. Le bénéfice net a quant à lui été divisé par deux, atteignant 6,9 milliards d'euros. Le groupe a supporté 9 milliards d'euros de charges exceptionnelles, dont 5 milliards liés au changement de stratégie électrique de Porsche, dont le résultat opérationnel s'est effondré à 90 millions d'euros en 2025.

Des réductions d'effectifs étendues

Ces 50 000 suppressions d'emplois s'ajoutent aux 35 000 postes déjà annoncés fin 2024 au sein de la marque Volkswagen. Les réductions toucheront également les marques de luxe Audi et Porsche, ainsi que la filiale logicielle Cariad. Tous les domaines d'activité sont concernés : approvisionnement, production, ventes et qualité.

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Oliver Blume, président du directoire de Volkswagen, a précisé que des suppressions supplémentaires pourraient concerner certaines usines, notamment celle d'Audi à Dresde. Les trois grandes usines allemandes ont déjà réduit leurs coûts de production de 20% en 2025.

Une stratégie de redressement ambitieuse

Arno Antlitz, directeur financier du groupe, a expliqué lors d'une conférence de presse que même une marge opérationnelle de 4,6% (hors charges exceptionnelles) ne suffirait pas à long terme pour investir massivement dans l'avenir. « Nous devons poursuivre nos efforts pour réduire les coûts et simplifier nos processus, afin d'accroître durablement notre rentabilité », a-t-il déclaré.

À partir du 1er avril, Oliver Blume supervisera les secteurs développement, achats, production et vente pour l'ensemble du groupe, dans le but de simplifier la gestion opérationnelle tout en conservant l'autonomie des marques.

Des économies substantielles attendues

Grâce aux réductions d'effectifs déjà en cours, Volkswagen a économisé 1 milliard d'euros en 2025 et vise plus de 6 milliards d'euros d'économies annuelles d'ici 2030. Le groupe prévoit cependant que sa rentabilité restera sous pression en 2026, en raison de la hausse des coûts des matières premières, d'une concurrence intense et des tensions géopolitiques.

Adaptation aux marchés internationaux

Le chiffre d'affaires de Volkswagen a presque stagné en 2025 à 322 milliards d'euros, avec 9 millions de véhicules livrés. Si l'Europe et l'Amérique du Sud ont connu une croissance de 5 à 10%, l'Amérique du Nord a pâti des droits de douane américains (-12%) et la Chine d'une concurrence intense (-6%).

Pour contourner les barrières douanières, Volkswagen prévoit de localiser une partie de sa production aux États-Unis via sa marque américaine Scout, qui produira des SUV et pick-ups électriques à partir de 2027. En Chine, le groupe lance « la plus grande campagne produits de son histoire » avec de nouveaux modèles adaptés au marché local.

Perspectives pour 2030

Volkswagen compte faire remonter sa marge opérationnelle dans une fourchette comprise entre 4 et 5,5% en 2026, et entre 8 et 10% d'ici 2030. Sa filiale PowerCo, dédiée aux batteries électriques, va produire en série des cellules à partir de 2026 à Salzgitter, tandis que deux autres usines en construction à Valence (Espagne) et St Thomas (Canada) serviront les marchés européen et nord-américain.

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