Les résultats financiers robustes de Safran et Airbus témoignent de la vitalité du secteur aéronautique
Les résultats financiers de l'année 2025, présentés par le groupe aéronautique Safran le vendredi 13 février, ainsi que ceux attendus d'Airbus pour le jeudi 19 février, illustrent la bonne santé de la construction aéronautique française et européenne. Cette performance est largement soutenue par la vigueur du trafic aérien mondial, qui a dopé l'activité des industriels du secteur.
Une performance contrastée pour Airbus malgré des livraisons en hausse
La performance d'Airbus ne va pourtant pas de soi, avec 793 appareils livrés en 2025, un chiffre certes en hausse par rapport à 2024, mais inférieur aux attentes. Cette situation s'explique par les difficultés rencontrées par certains fournisseurs, qui peinent à maintenir les cadences de production et le niveau de qualité exigé. De plus, des perturbations logistiques, liées aux tensions commerciales internationales depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en 2025, ont compliqué les opérations.
Ces tensions ont notamment inclus des droits de douane américains, instaurés en avril avant d'être retirés quelques mois plus tard lorsque Washington a réalisé qu'ils pénalisaient également son constructeur Boeing. Parallèlement, des restrictions d'exportation de la Chine sur certains composants ou terres rares ont ajouté à la complexité du contexte.
Les défis majeurs qui attendent Airbus en 2026
Si Airbus prévoit une nouvelle hausse de sa production en 2026, l'année s'annonce particulièrement compliquée. Plusieurs facteurs contribuent à cette perspective difficile :
- Les problèmes de livraisons de moteurs : Les difficultés persistantes avec les moteurs de l'américain Pratt & Whitney ne sont toujours pas résolues, ce qui pourrait entraver la production.
- La vulnérabilité de la chaîne d'approvisionnement : L'éclatement géographique des fournisseurs d'Airbus à travers le monde constitue un point de vulnérabilité face aux aléas géopolitiques, rendant la supply chain plus exposée aux perturbations.
- Le risque de change lié au dollar : La glissade du dollar, provoquée par la politique erratique de Donald Trump, fait ressurgir le spectre d'un euro fort. Ce scénario est particulièrement préjudiciable pour les exportateurs européens, et surtout dans l'aéronautique, où les industriels sont coincés entre des coûts de production en partie en euros et des ventes d'avions quasiment toutes facturées en dollars. Cette divergence fait fondre les bénéfices une fois le chiffre d'affaires converti en euros dans les comptes.
En somme, malgré des résultats financiers solides pour 2025, le secteur aéronautique français et européen doit faire face à des défis structurels et conjoncturels importants pour l'année à venir. La résilience des acteurs comme Safran et Airbus sera cruciale pour naviguer dans ce paysage incertain.



