Le constructeur automobile Renault va reprendre la main sur Flexis, la coentreprise qu'il avait créée en avril 2024 avec le groupe Volvo et l'armateur marseillais CMA CGM. Cette structure était destinée à produire des camions pour les marques Flexis et Renault Trucks, avec une ambition claire : devenir le "Tesla du véhicule utilitaire".
Un projet ambitieux qui a déraillé
Lancé sous l'impulsion de Luca de Meo, alors à la tête de Renault, le projet Flexis visait à développer des camionnettes électriques optimisées autour d'une architecture numérique centrale. Ces véhicules devaient intégrer des batteries et un moteur électrique performants, avec une conception révolutionnaire axée sur un ordinateur central.
Malheureusement, les relations entre les trois actionnaires se sont progressivement dégradées après la nomination de François Provost à la direction générale de Renault. Les tensions sont devenues telles que la direction de Flexis a dû saisir le tribunal des activités économiques de Nanterre pour demander l'intervention d'un conciliateur.
La mission de conciliation aboutit à un accord
Marc Sénéchal, le conciliateur nommé par le tribunal, a mené à bien sa mission de médiation. Selon des informations concordantes, les trois parties sont parvenues à un accord qui verra Renault reprendre la totalité des parts de la société Flexis.
Le prix auquel François Provost a négocié la sortie de ses partenaires Volvo et CMA CGM n'est pas encore connu à ce stade. Fait notable : aucune dépréciation d'actifs ne serait prévue dans les comptes de l'exercice 2025 que Renault présentera le jeudi 19 février.
Le silence des parties prenantes
Interrogé sur cette reprise de contrôle, Renault s'est refusé à tout commentaire. De son côté, Flexis s'est contenté d'affirmer que le processus suivait son cours normal, sans plus de détails.
En décembre 2025, l'entreprise avait pourtant assuré poursuivre l'exécution de sa feuille de route avec détermination. Elle mentionnait alors le développement continu des véhicules, le déploiement des services, les essais en conditions réelles et les partenariats technologiques avec clients et fournisseurs.
Une demande commerciale qui reste forte
Malgré les tensions actionnariales, Flexis maintenait en décembre 2025 que la demande commerciale restait robuste. L'entreprise affirmait avoir obtenu quarante lettres d'intention signées par des clients potentiels.
Le calendrier de commercialisation semblait également tenir bon : les premiers véhicules devaient être mis sur le marché fin 2026, tandis que certains services étaient déjà disponibles. Cette reprise totale par Renault intervient donc dans un contexte où le projet technique et commercial conserve son potentiel, même si la gouvernance a nécessité une refonte complète.