Projet Thomas-Platter : le promoteur Marc Pigeon attaque la Métropole et le CHU de Montpellier
Le bâtiment Thomas-Platter, conçu par le cabinet A+ Architecture et porté par Marc Pigeon, devait symboliser les ambitions de MedVallée, l'écosystème de santé montpelliérain. Lancé en grande pompe en juillet 2022, ce projet immobilier de 5 000 m², destiné aux biothérapies, est aujourd'hui abandonné. Marc Pigeon, président du groupe Imagine'R, l'un des plus anciens promoteurs de Montpellier, a saisi le tribunal administratif pour obtenir le remboursement des frais engagés.
Un projet iconique qui tourne au contentieux
Initialement présenté comme un bâtiment « iconique » pour MedVallée, le Thomas-Platter devait s'ériger sur le site du CHU de Montpellier, à l'emplacement de l'ancien asile de La Colombière. Il était prévu pour accueillir :
- Un centre de soins pour le CHU
- Un incubateur porté par la Métropole
- Un centre de recherche et de bio-production en thérapie cellulaire développé par la société suisse Medxcell Science, associée au CHU
Marc Pigeon explique : « Je n'ai pas été choisi dans le cadre d'un concours pour ce projet. On est venu me chercher à l'époque à partir de ce que nous avions fait avec Le Nuage et Philippe Starck. Ils voulaient faire quelque chose de remarquable pour lancer MedVallée, dans le cadre d'un partenariat public-privé. »
Le silence institutionnel et la saisie de la justice
Le travail de Marc Pigeon avait reçu les encouragements de Thomas Le Ludec, alors directeur général du CHU, et de Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole. Cependant, l'arrivée d'Anne Ferrer à la tête du CHU a semblé rebattre les cartes. Marc Pigeon déclare : « À partir d'un moment, je n'ai plus eu d'échanges sur le projet, les seules informations dont je disposais je les découvrais dans la presse, alors que je suis quand même partie prenante et que j'ai engagé des fonds propres de mon groupe pour tout le travail réalisé en amont. »
Le dernier contact remonte à mars 2025 avec le directeur de la Mission MedVallée. Depuis, c'est le silence total. Marc Pigeon a donc saisi le tribunal administratif, réclamant un peu plus de 880 000 euros pour les frais d'études engagés. Il affirme n'avoir « pas eu d'autre choix que d'avoir recours à la justice pour réparer le préjudice ».
Les réponses évasives des institutions
Interrogés par Midi Libre, les services de la Métropole reconnaissent un « contentieux en cours » et se contentent de préciser que « comme dans tout écosystème d'innovation, certains porteurs de projets peuvent connaître des difficultés pour faire aboutir leurs initiatives ». Les services du CHU tiennent un discours similaire : « Parce que particulièrement innovants, certains projets ne voient pas le jour ou n'aboutissent pas, faute de modèle économique suffisant ou d'exigences légales et réglementaires liées notamment à la commande publique. »
Ils confirment que le tribunal administratif de Montpellier a été saisi et que « tous les échanges à son propos se feront dans le cadre de l'instruction diligentée par la justice administrative ».
MedVallée : une ambition au contenu flou
Ce qui devait être le bâtiment emblématique de MedVallée n'est plus qu'un lointain souvenir, renforçant le flou qui entoure cette ambition. Malgré les rappels des avancées par le CHU et la Métropole, la cohérence du projet MedVallée reste difficile à cerner. L'abandon du Thomas-Platter soulève des questions sur la viabilité et la gestion des initiatives au sein de cet écosystème de santé montpelliérain.
Le contentieux judiciaire engagé par Marc Pigeon met en lumière les tensions entre les acteurs privés et les institutions publiques dans la réalisation de projets innovants, laissant planer un doute sur l'avenir des partenariats public-privé dans le domaine de la santé et de l'immobilier à Montpellier.



