Panacéa, start-up FoodTech, face à un imbroglio administratif malgré une levée de fonds prometteuse
Panacéa: levée de fonds mais soucis administratifs en Lot-et-Garonne

Une start-up FoodTech en pleine croissance confrontée à des obstacles administratifs

La jeune entreprise Panacéa, spécialisée dans le secteur innovant de l'alimentation fonctionnelle, connaît un début d'année 2026 contrasté. Basée à Penne-d'Agenais en Lot-et-Garonne, cette PME familiale dirigée par Andrey Aksenov et sa sœur Diana Berhoutov vient d'annoncer une levée de fonds seed de 1,8 million d'euros, mais se retrouve simultanément confrontée à des difficultés administratives concernant son projet d'unité industrielle.

Une levée de fonds significative pour conquérir un marché mondial

Fin janvier, Panacéa a officialisé une levée de fonds non-dilutive de 1,8 million d'euros, soutenue par un consortium d'acteurs publics et privés incluant Bpifrance (via France 2030) et la Région Nouvelle-Aquitaine. Ces fonds sont destinés à accélérer la recherche et développement ainsi qu'à créer une unité industrielle de pointe. L'objectif ambitieux de la start-up est de s'imposer sur le marché mondial de l'alimentation fonctionnelle, estimé à plus de 280 milliards de dollars d'ici 2030.

Un projet immobilier en zone naturelle contestée

Le bâtiment destiné à accueillir cette unité industrielle se situe sur la propriété familiale des fondateurs, en contrebas de la porte de Ferracap à Penne-d'Agenais, dans un secteur classé zone naturelle selon le Plan local d'urbanisme (PLU). En juillet 2022, un certificat d'urbanisme avait été déposé pour évaluer la faisabilité d'un projet de reconstruction et d'extension d'une bâtisse existante.

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Le service risque de la Direction départementale des territoires (DDT) a émis un avis défavorable, classant la parcelle en zone rouge pour les mouvements de terrain. Le service instructeur de Fumel-Vallée du Lot a suivi cette position, conduisant le maire de Penne-d'Agenais, Arnaud Devilliers, à signer un refus officiel.

Des travaux réalisés sans autorisation

Malgré ce refus administratif, les entrepreneurs ont procédé aux travaux de leur « usine 4.0 » sans avoir obtenu les autorisations urbanistiques requises. Diana Berhoutov, cofondatrice et directrice marketing, qualifie cette situation de « quiproquo administratif » et affirme poursuivre « un dialogue constructif » avec les autorités.

« Nous sommes une start-up familiale très axée sur la R&D. L'urbanisme est une compétence qu'il nous manquait », reconnaît Andrey Aksenov, le PDG. Il explique que les travaux concernaient principalement la réhabilitation d'un auvent de stockage existant reposant sur une dalle de béton, sans création de nouvelles fondations initialement.

Une régularisation complexe en période électorale

La start-up, lauréate de plusieurs distinctions dont le Concours national de l'Innovation de l'Agropole et les Aquitains de l'année, espère obtenir une régularisation de sa situation « au regard de l'intérêt économique fort du projet » situé en Zone rurale à revitaliser (ZRR).

Andrey Aksenov met en avant une étude de sols réalisée et des fondations désormais profondes pour démontrer que les aspects sécuritaires ont été pris en compte. Il souhaite utiliser ces éléments pour « rassurer la DDT » dans le cadre d'une « volonté de régularisation et de mise en conformité progressive ».

Le maire Arnaud Devilliers reste prudent : « Le soutien des élus ? Oui, nous sommes tous intéressés par le développement économique. Mais tous les documents d'urbanisme ont été refusés ». La période des élections municipales complique l'avancée de ce dossier jugé « complexe » par Frédéric Pechavy, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Lot-et-Garonne.

Un accompagnement limité par le non-respect des règles

Frédéric Pechavy précise : « M. Aksenov m'a écrit en me disant qu'il se trouvait dans une impasse administrative qui menaçait la pérennité de son activité, mais il n'a pas respecté les règles. À partir de là, c'est difficile pour la CCI de faire quelque chose ».

Il ajoute : « On peut accompagner des projets dans le dialogue et le consensus pour les faciliter quand ils sont dans des démarches administratives parfois lourdes. Mais là, ils nous contactent un peu tard et nous mettent devant le fait accompli ».

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Panacéa, qui emploie actuellement six personnes, se trouve ainsi à la croisée des chemins entre ses ambitions de croissance internationale et la nécessité de régulariser sa situation administrative locale, un défi qui pourrait influencer la suite de son développement dans le secteur compétitif de la FoodTech.