Management : les jeunes ne fuient pas les responsabilités, selon une étude
Management : les jeunes ne fuient pas les responsabilités

Une idée reçue persiste dans le monde de l'entreprise : les jeunes salariés, en particulier la génération Y et Z, seraient réticents à prendre des responsabilités. Pourtant, une étude menée par l'Institut Montaigne et BVA Xsight, publiée le 12 septembre 2023, contredit cette perception. Selon ce travail, 73 % des moins de 30 ans se disent prêts à assumer des responsabilités, à condition que celles-ci soient accompagnées d'autonomie et de sens.

Une aspiration à l'autonomie et au sens

L'étude, intitulée "Les jeunes et le travail : un rapport renouvelé aux responsabilités", a interrogé 2 000 salariés français âgés de 18 à 30 ans. Elle montre que 68 % des jeunes actifs considèrent que prendre des responsabilités est un élément important de leur épanouissement professionnel. Cependant, ils les envisagent différemment de leurs aînés. Pour 62 % des répondants, la responsabilité ne se résume pas à un titre ou à un statut hiérarchique, mais à la capacité de décider et d'innover dans leur périmètre d'action.

"Les jeunes ne fuient pas les responsabilités, ils les redéfinissent", explique David Ménascé, directeur des études à l'Institut Montaigne. "Ils veulent être acteurs de leur travail, pas seulement exécutants. Cela implique de repenser les modes de management."

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Un management à adapter

L'étude souligne que 57 % des jeunes salariés ont déjà refusé une promotion ou une prise de responsabilité. Les raisons invoquées sont multiples : manque de sens (cité par 41 %), peur de la surcharge de travail (38 %), ou encore absence d'autonomie réelle (35 %). "Ce n'est pas un rejet de la responsabilité, mais une critique des conditions dans lesquelles elle est proposée", précise BVA Xsight.

Les attentes des jeunes convergent vers un management plus horizontal, où la confiance et la délégation priment sur le contrôle. 71 % des sondés estiment que leur supérieur devrait leur accorder plus d'autonomie dans la réalisation de leurs missions. En contrepartie, ils se disent prêts à rendre des comptes sur les résultats, mais pas sur les méthodes.

Des entreprises en décalage

Malgré ces aspirations, l'étude révèle un décalage entre les attentes des jeunes et la réalité en entreprise. Seuls 38 % des répondants estiment que leur employeur leur offre une réelle autonomie. De plus, 45 % jugent que leur travail manque de sens, un chiffre qui monte à 52 % dans les grandes entreprises de plus de 500 salariés.

"Les entreprises doivent évoluer pour retenir les talents", alerte David Ménascé. "Cela passe par une refonte des processus de décision, une plus grande transparence et une reconnaissance de l'initiative." L'Institut Montaigne recommande notamment de favoriser le travail en mode projet, de réduire les niveaux hiérarchiques et de valoriser les compétences plutôt que l'ancienneté.

Un enjeu de compétitivité

Au-delà de la satisfaction des salariés, l'étude pointe un enjeu de compétitivité pour les entreprises françaises. Alors que 85 % des jeunes se disent prêts à quitter leur emploi pour un poste offrant plus d'autonomie, le risque de turnover est élevé. Selon l'Institut Montaigne, le coût du remplacement d'un jeune cadre peut atteindre 50 % de son salaire annuel.

"Adapter le management aux attentes des jeunes n'est pas une option, c'est une nécessité économique", conclut David Ménascé. Les entreprises qui sauront proposer des responsabilités alignées sur ces nouvelles attentes pourront compter sur des collaborateurs engagés et innovants.

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