Une reconnaissance continentale pour l'entreprise béarnaise
Dans la zone industrio-artisanale de Serres-Castet, au 183 rue d'Ayous, se trouve un entrepôt de 1 000 m² d'apparence discrète. Pourtant, cette adresse abrite La Maison de la Soie, une marque française haut de gamme qui vient d'être distinguée par le prestigieux classement du Financial Times. L'entreprise figure à la 618e position parmi les 1 000 entreprises européennes ayant connu la plus forte croissance entre 2021 et 2024.
Des chiffres qui témoignent d'une expansion remarquable
La performance économique de La Maison de la Soie est quantifiable : son chiffre d'affaires a augmenté de 134,1% sur la période 2021-2024, passant de 1 271 156 euros à 2 975 953 euros. Parallèlement, l'effectif de l'entreprise a triplé, évoluant de 2 à 6 salariés sur cette même période. Aujourd'hui, l'équipe compte sept membres, y compris les fondateurs.
Cette mise en lumière continentale fait suite à une reconnaissance nationale, puisque l'entreprise apparaît pour la troisième fois dans le palmarès des champions de la croissance 2026 publié par Les Échos, où elle occupe la 129e position.
Une genèse ancrée dans le partage d'expertise
Le projet est né dans les années 2010 de la collaboration entre Guillaume Arbel, ancien contrôleur aérien de l'aéroport de Pau, et sa compagne Wei, originaire de Wuhan. En 2022, Guillaume Arbel s'est pleinement investi dans cette aventure entrepreneuriale. « Aucun regret depuis », confie-t-il, évoquant même la période Covid-19 comme un moment chargé en émotions mais finalement bénéfique pour le commerce en ligne.
Le siège béarnais ne produit pas la soie de mûrier, cette étape étant réalisée en Chine. Il concentre cependant le stockage, la préparation des commandes, le service client, le développement du site Internet - unique plateforme d'achat - et la conception de nouvelles idées. Guillaume Arbel y travaille souvent debout sur son bureau surélevé, « pour la circulation sanguine ».
Une philosophie d'accessibilité et de cohérence
« On a voulu rendre [la soie] accessible au plus grand nombre, en exposant aussi toutes ses qualités », explique le cofondateur. La stratégie repose sur des marges raisonnables, l'absence d'intermédiaires et un important travail de pédagogie pour démystifier ce matériau prestigieux.
Si les taies d'oreiller demeurent le produit phare, l'entreprise diversifie son offre avec la gamme Silk Peak, plus sportive, mêlant soie et cachemire pour lutter contre le froid. Cette diversification s'inscrit également dans le cadre de l'autre marque, Label Nature, qui occupe la moitié de l'entrepôt béarnais.
Une croissance maîtrisée et résiliente
Malgré cette expansion, Guillaume Arbel insiste sur une approche raisonnable : « L'objectif n'est pas international. L'entreprise doit être résiliente le plus longtemps possible ». Il souligne les incertitudes liées aux approvisionnements et privilégie une croissance sans dette et sans recherche de taux phénoménaux.
« Les classements mettent en lumière, mais je recherche avant tout une entreprise qui tient la route et longtemps », conclut-il, aspirant à la pérennité qui caractérisait autrefois l'industrie de la soie. La visite annuelle au salon international Heimtextil de Francfort permet quant à elle d'entretenir les « liens tissés avec les fournisseurs », essentiels à cette durabilité.



