Conflit commercial à Montmarès : une grue de chantier assombrit l'avenir des commerçants
Grue de chantier à Montmarès : les commerçants en colère

Un chantier qui divise commerçants et municipalité à Montmarès

Sur le parvis Sainte-Catherine, les jours de marché, l'atmosphère est électrique. Derrière les étals, les discussions dépassent largement le cadre commercial pour virer au conflit ouvert. Au cœur des tensions : une imposante grue de chantier, déployée pour la réhabilitation des numéros 5 et 7 de la rue, qui masque complètement la devanture de plusieurs commerces.

La Ferme des pitchouns, première victime collatérale

Pierre Berger, jeune gérant de La Ferme des pitchouns, a quitté son ancien local des allées Georges-Leygues avec l'ambition de développer la vente directe de ses volailles et produits laitiers. À peine installé, il se retrouve confronté à cette encombrante voisine métallique. « J'ai appris son installation une semaine ou dix jours après mon ouverture. J'espérais que l'on trouverait une solution avec la Ville », confie-t-il, amer.

Le chantier, déjà complexifié par la découverte de murs porteurs sans fondation - entraînant des coûts revus à la hausse et des délais prolongés - devrait maintenir la grue sur site au moins jusqu'en octobre 2026. Pour Pierre Berger, cette situation bloque tout développement de nouvelle clientèle. Il ne peut compter que sur ses habitués et estime son préjudice à 14 000 euros, somme qu'il réclame à la municipalité pour « perte d'exploitation et impossibilité de développement ».

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La réponse municipale : accompagnement refusé

Béatrice Vaquier, adjointe en charge de l'attractivité du centre-ville, défend l'action de la municipalité. « Nous leur avons proposé d'autres locaux, rue de Paris notamment, pour qu'ils ne soient pas pénalisés. Nous les avons accompagnés, ils ont tout refusé », explique-t-elle. Signalétique, emplacement pour rôtissoire extérieur : selon l'élue, toutes les solutions avancées ont été rejetées.

Les relations semblent historiquement tendues, Guillaume Lepers, ancienne colistière d'Alain Soubiran, avouant même : « Je lui ai dit que je priais chaque jour pour qu'il ne repasse pas », en référence à la mère de Pierre Berger. Un dialogue de sourds qui devrait se régler par avocats interposés.

D'autres commerces en souffrance

La situation dépasse le seul cas de La Ferme des pitchouns. Chez Roses, pivoines et camélias, Nicolas Chaumeton-Navarre, fleuriste installé depuis moins d'un an, vit des heures décisives. « Si je rate ma Saint-Valentin, je dépose le bilan. J'ai bien bossé à Noël, ça a permis de payer les factures », lance-t-il, décrivant un contexte morose pour l'ensemble des commerçants.

Plus loin, la boutique de vêtements pour hommes Monsieur a déjà entamé sa liquidation avant fermeture définitive. Les commerçants du parvis Sainte-Catherine, unis dans l'adversité, attendent désormais que justice - ou au moins une médiation efficace - leur permette de retrouver une visibilité et une sérénité indispensables à leur survie économique.

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