Les garagistes voient leurs revenus augmenter malgré une baisse de la fréquentation
Les garagistes, qu'ils soient spécialisés en mécanique ou en carrosserie, ont légèrement accru leur chiffre d'affaires en 2025. Cette performance est d'autant plus remarquable qu'elle survient dans un contexte de baisse du nombre d'entrées en atelier. Selon le baromètre Mobilians-Solware publié lundi, la hausse significative de la facture moyenne a pleinement compensé cette diminution de la fréquentation.
Une étude détaillée révèle des tendances contrastées
Cette étude, réalisée auprès de 1 164 ateliers de mécanique et de carrosserie, montre que le chiffre d'affaires global du secteur a augmenté de 0,8 % l'an dernier. Dans les 796 ateliers de mécanique recensés, le panier moyen a connu une hausse de 2,7 %, passant de 392 euros en 2024 à 403 euros en 2025. Cette progression s'accompagne d'une baisse de 2,2 % du nombre d'entrées, qui s'établit désormais à 41 visites par atelier.
Les recettes liées à la vente de pièces détachées reculent légèrement, de 0,5 %, mais cette diminution est largement compensée par une augmentation de 2,6 % du prix de la main-d'œuvre. La même tendance se vérifie dans les ateliers de carrosserie, où le nombre d'entrées baisse de 1,8 % tandis que le panier moyen augmente fortement de 4,3 %, atteignant 1 705 euros contre 1 634 euros l'année précédente.
Factures en hausse, visites en baisse : comment expliquer ce paradoxe ?
La hausse des factures moyennes s'explique principalement par des interventions plus techniques et l'évolution des besoins de réparation, comme le précise Mobilians, la fédération des professions de l'aval de l'automobile. Deux facteurs clés sont à l'origine de cette transformation.
D'une part, le parc automobile français vieillit significativement. Fin décembre 2025, circulaient 42,5 millions de voitures, avec un âge moyen de 12,3 ans contre 11,9 ans fin 2024. Dans les départements ruraux, cette moyenne atteint même 14 ans, selon les données du cabinet AAA Data. Ce vieillissement oblige davantage de propriétaires à réaliser des entretiens et des réparations plus fréquents et souvent plus coûteux sur leurs véhicules.
D'autre part, l'arrivée massive des voitures électriques sur le marché modifie profondément la nature des interventions. Ces véhicules nécessitent des réparations fondées davantage sur l'électronique que sur la mécanique traditionnelle. Les garagistes doivent donc investir dans de coûteux équipements de diagnostic spécialisés, ce qui se répercute naturellement sur le prix final des prestations.
Cette évolution du secteur automobile impose aux professionnels de se former continuellement et de moderniser leurs ateliers pour répondre aux nouvelles exigences techniques. La complexité croissante des véhicules, qu'ils soient thermiques ou électriques, transforme durablement le métier de garagiste et justifie la hausse des tarifs pratiqués.



