Enquête en Dordogne : Seuls 20% des chefs d'entreprise ont investi en 2025
Dordogne : seulement 20% des chefs d'entreprise ont investi en 2025

Un constat alarmant pour l'économie périgourdine

Une enquête approfondie menée auprès de plus de 500 chefs d'entreprise du département de la Dordogne a révélé des chiffres préoccupants concernant les investissements en 2025. Dans un contexte économique particulièrement difficile, la majorité des dirigeants adoptent une posture attentiste, avec des conséquences mesurables sur la vitalité économique locale.

Le niveau d'investissement le plus bas jamais enregistré

Christophe Fauvel, le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de la Dordogne, n'a pas mâché ses mots lors de la présentation du baromètre économique départemental pour l'année 2025. « Nous avons atteint le niveau le plus bas d'investissements jamais observé », a-t-il déclaré sans détour lors de cette présentation organisée au pôle interconsulaire de Coulounieix-Chamiers.

Le chiffre le plus marquant de cette étude est sans conteste celui-ci : seulement 20% des chefs d'entreprise périgordins interrogés affirment avoir réalisé des investissements au cours de l'année 2025. Cette enquête, réalisée auprès d'un panel représentatif de 532 dirigeants, met en lumière une frilosité généralisée face aux dépenses d'investissement.

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Les raisons d'un attentisme généralisé

Les arguments expliquant cette prudence sont multiples et reflètent les difficultés actuelles du tissu économique local :

  • Des carnets de commandes qui s'amenuisent progressivement
  • Des marges bénéficiaires qui se réduisent comme peau de chagrin
  • Des charges fixes toujours plus élevées
  • Une conjoncture économique nationale et internationale inquiétante

Christophe Fauvel précise que 30% des dirigeants d'entreprises du département ont vu leur chiffre d'affaires s'effriter au cours de la période étudiée. Sans grande surprise, les secteurs les plus touchés par cette morosité sont :

  1. Le bâtiment et les travaux publics
  2. Les cafés, hôtels et restaurants (CHR)
  3. L'agriculture traditionnelle

Seul le secteur des services aux particuliers semble relativement épargné par cette tendance négative.

Des lueurs d'espoir malgré tout

Le tableau économique n'est cependant pas entièrement noir, et les observateurs de l'activité économique du Périgord notent plusieurs « éléments positifs » dignes d'intérêt. Stéphane Bazire, directeur départemental de la Banque de France, évoque même une « résilience spécifique » aux entrepreneurs périgordins qu'il qualifie d'« assez étonnante ».

Christophe Fauvel abonde dans ce sens en commentant : « Ils s'adaptent [...], ils temporisent ». Cette capacité d'adaptation se traduit par un paradoxe intéressant : 70% des chefs d'entreprise affichent une confiance inébranlable en leur propre structure, tandis que 80% d'entre eux se méfient profondément de l'économie nationale et internationale.

Des perspectives raisonnablement optimistes pour 2026

Malgré le contexte difficile, une partie non négligeable des dirigeants se montrent « raisonnablement optimistes pour 2026 ». Certains secteurs anticipent même des améliorations notables :

  • Le commerce de gros prévoit « quelques belles progressions »
  • Les artisans du BTP envisagent une stabilisation de leur activité
  • Les commerçants de détail alimentaire espèrent maintenir leur niveau d'activité
  • Le secteur des services table sur une consolidation de sa position

Fait encourageant, plusieurs entrepreneurs envisagent de « mettre la main au porte-monnaie » cette année, même si ces investissements seront probablement « différés » dans le temps. Cette enquête départementale souligne ainsi la complexité de la situation économique actuelle, mêlant prudence immédiate et espoir mesuré pour l'avenir proche.

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