Une ligne électrique vétuste paralyse l'activité économique à Marseillan
Le long de la route des Parcs et de la rue de l'Industrie à Marseillan, dans l'Hérault, l'exaspération des professionnels atteint son comble. Depuis plusieurs mois, des coupures d'électricité répétées viennent paralyser l'activité d'entreprises locales, fragilisant une économie déjà soumise aux aléas climatiques. Industriels, constructeur naval et ostréiculteurs sont unis dans un même constat d'urgence.
Une infrastructure vieillissante aux conséquences dramatiques
Toutes ces entreprises dépendent exclusivement d'une même ligne aérienne ancienne, qui vient de Saint-Thibéry et longe l'étang. Cette infrastructure, exposée à la corrosion saline due à la proximité maritime, montre aujourd'hui ses limites de manière criante. Le 3 février dernier, une rupture de câble a plongé toute la zone dans le noir pendant quatorze heures entières, provoquant un arrêt complet des activités.
Parmi les entreprises touchées, on trouve l'Atelier industriel du Sud (AIS) de Frédéric Martin, spécialisé en chaudronnerie et découpe laser, le constructeur de bateaux Littoral, ainsi qu'une quinzaine d'ostréiculteurs du chemin des Parcs. Pour AIS seule, cette journée de coupure représente près de 13 000 euros de chiffre d'affaires envolés, sans compter les retards de commandes et la nécessité de rassurer des clients inquiets.
Un impact économique et humain considérable
Les conséquences de ces coupures répétées sont multiples :
- Ateliers à l'arrêt complet pendant des heures, voire des jours
- Salariés placés en chômage technique forcé
- Commandes décalées et délais non respectés
- Pertes financières directes pour les entreprises
Deux jours seulement après la coupure du 3 février, une nouvelle interruption de courant de deux heures est venue désorganiser la production en pleine matinée, ajoutant au désarroi des professionnels. "Si nous étions prévenus à l'avance, nous pourrions anticiper, limiter la casse et organiser nos équipes différemment", expliquent les entrepreneurs, rappelant au passage que leurs factures d'électricité restent conséquentes - environ 40 000 euros annuels pour AIS.
Enedis reconnaît le problème mais tarde à agir
Contacté par nos soins, Enedis reconnaît officiellement la vétusté de la ligne électrique concernée. L'opérateur confirme que cette infrastructure doit être réhabilitée, voire enfouie, dans le cadre d'une programmation pluriannuelle de travaux. Enedis assure vouloir renforcer la communication lors des prochaines interventions, mais cette promesse tarde à se concrétiser pour les entreprises locales.
En attendant des décisions concrètes et un calendrier précis de travaux, les entrepreneurs rappellent qu'ils représentent un maillon essentiel du tissu économique local. "Nous ne demandons pas la charité, mais simplement un service fiable et prévisible. Nous avons des contrats à honorer, des emplois à préserver et des familles à faire vivre", insistent-ils.
Sur cette zone artisanale stratégique de Marseillan, le courant ne passe plus, tant au sens propre qu'au sens figuré. La confiance entre les entreprises locales et le gestionnaire du réseau électrique s'est considérablement érodée, et seule une action rapide et transparente pourra rétablir une relation de travail apaisée.



