Le groupe Pujol, concessionnaire automobile historique d'Agen, confronté à un redressement judiciaire
Le mercredi 4 mars, le tribunal de commerce d'Agen a prononcé une décision lourde de conséquences pour le paysage économique local. Les six entreprises constituant le groupe Pujol, un concessionnaire automobile bien implanté dans la région, ont été placées en redressement judiciaire. Cette mesure fait suite à la déclaration par le groupe de son état de cessation des paiements, marquant un tournant difficile dans son histoire.
Une entreprise familiale aux racines profondes
Fondé en 1993 par Serge Pujol, le groupe est aujourd'hui codirigé par son fils, David Pujol. Cette entreprise familiale emploie actuellement 68 personnes, dont une partie significative travaille au sein de sa concession principale située avenue du Midi, dans la Zone d'Activité Commerciale Agen Sud. Depuis ses débuts, le groupe a bâti sa réputation sur la vente et la réparation automobile, développant une expertise reconnue.
L'activité du groupe a cependant connu des bouleversements ces dernières années. Il y a quelques années, le concessionnaire a perdu la distribution de la marque premium Volkswagen, un coup dur pour son portefeuille. Depuis lors, le groupe Pujol s'était repositionné comme concessionnaire et réparateur agréé pour plusieurs marques du groupe Stellantis France, notamment Alfa Romeo, Fiat, Jeep, Suzuki et Volvo.
Diversification et défis du marché
Pour renforcer sa résilience, le groupe de Serge et David Pujol avait entrepris une diversification de ses activités. Il s'était lancé dans le secteur de la carrosserie ainsi que dans la location de véhicules et de vans aménagés, cherchant ainsi à élargir ses sources de revenus face aux fluctuations du marché.
Malgré ces efforts, David Pujol reconnaît que le groupe traverse une période complexe. « Nous sommes sur une période d'observation de six mois. Les six entreprises de l'activité automobile du groupe sont concernées par cette procédure. Certaines pourraient sortir rapidement du redressement avant la fin de cette période », explique-t-il. Il ajoute, avec une note d'espoir : « Il faut rester optimiste et je le suis. Nous continuons à vendre et à entretenir des voitures chaque jour, mais cette procédure est la seule solution pour structurer certaines dettes et assurer l'avenir de l'entreprise. Depuis deux ans, nous subissons une baisse d'activité, et chacun connaît la situation difficile du marché automobile ».
Une procédure judiciaire encadrée
La procédure de redressement judiciaire suit son cours de manière structurée. Un administrateur a été nommé par le tribunal et travaillera en étroite collaboration avec les dirigeants du groupe Pujol. Leur mission commune sera de mettre au point un plan de continuation viable et un plan d'apurement des dettes, dans le but de préserver l'activité et les emplois.
Parallèlement, un mandataire judiciaire a été désigné pour représenter les intérêts des créanciers, assurant ainsi un équilibre dans le processus. David Pujol a d'ores et déjà un rendez-vous fixé dans trois semaines devant le tribunal de commerce d'Agen. Cette audience permettra un examen approfondi de la situation financière et opérationnelle du groupe, et posera les bases des décisions à venir.
Cette affaire illustre les défis auxquels sont confrontés de nombreux acteurs du secteur automobile, dans un contexte économique tendu et marqué par des transformations profondes. L'avenir du groupe Pujol, entreprise emblématique d'Agen, se joue désormais dans les prochains mois, sous le regard attentif du tribunal et de ses 68 salariés.



