Capeb : les petites entreprises du bâtiment face à une crise de trop
Capeb : les petites entreprises du bâtiment en crise

La nouvelle crise internationale au Moyen-Orient représente une difficulté supplémentaire pour les petites entreprises du bâtiment que défend la Capeb. Après le Covid et la guerre en Ukraine, qui ont entraîné une inflation et réduit le pouvoir d'achat, s'ajoutent désormais une hausse des prix des carburants et des matériaux. Par ailleurs, des facteurs qui plombent la trésorerie des PME du secteur, comme les errements de MaPrimeRénov' ou le traitement onéreux des déchets, ne sont pas entièrement résolus. On en vient même à s'inquiéter de « la charge mentale qui pèse sur les épaules des chefs d'entreprise ».

Une crise de trop pour les artisans

Autour du président Amar Hocine, le bureau de la Capeb 47 a exposé ses doléances mercredi soir, 29 avril. Un président qui a évoqué « une crise de trop ». « On veut bien être résilients, mais on aimerait être davantage entendus et soutenus. On parle de la hausse des carburants, mais en fait tout a augmenté, sans que l'on soit prévenus. Nous voulons être avertis au moins huit jours avant de ces augmentations des prix et maintenir ceux-ci soixante jours, parce que sinon, on ne peut plus faire de devis aujourd'hui. »

Incertitudes sur les marchés publics et privés

Le président déplore une nouvelle fois « les incertitudes sur les marchés publics et privés. Parce que là, avec les prochaines élections présidentielles, ça ne bouge pas beaucoup non plus. Si on ne nous soutient pas et vu la pyramide des âges, ce sont 300 000 emplois qui peuvent disparaître dans trois ans ».

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Les déboires de MaPrimeRénov'

Concernant MaPrimeRénov', on déplore que des particuliers fassent appel à de grosses structures extérieures au département « alors que nous nous sommes formés pour cela », mais s'il y a de la demande, « les gens sont déconcertés devant un dispositif qui a été retiré, puis réintroduit en février, et on ne sait plus quoi leur dire. Pour que la transition énergétique réussisse, il faut aussi que les artisans soient formés, reconnus, et des dispositifs stables dans la durée ».

La gestion des déchets, une double peine

Quant à la gestion des déchets, elle pèse également sur les petites entreprises, insatisfaites du système proposé. « En 2021, le législateur a eu une bonne idée. Il s'est dit qu'il fallait qu'on gère les déchets du bâtiment, qui concerne des très gros volumes, explique Pierre Bouet, trésorier de la Capeb 47. On va payer une éco-contribution pour l'achat du matériau, et au moment où le déchet va être produit, il va être pris gratuitement, mais le maillage départemental des points de collecte n'est pas suffisant, et s'il faut faire 50 km, on perd de l'argent. On paye une éco-contribution et pour le traitement de nos déchets : c'est une double peine. »

Appel à une TVA réduite

« Nous sommes prêts à nous adapter, on le fait tous les jours, mais il faut aussi nous aider, reprend le président », qui demande le retour d'une TVA à 5,5 % pour tous les chantiers, « pour permettre aux gens d'avoir des travaux qui rééquilibreraient le coût de l'augmentation des matériaux. Ça donnerait au moins un signe ».

Assemblée générale en juin

La Capeb 47 reprendra ces sujets qui fâchent lors de son assemblée générale en juin prochain, où Amar Hocine devrait laisser la présidence à Arnaud Touzan.

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