La fondation Brigitte Bardot, célèbre pour ses actions en faveur de la protection animale, se retrouve au cœur d'une polémique. Une enquête approfondie publiée par Libération dévoile les liens financiers étroits entre l'organisation et Frédéric Chatillon, un homme d'affaires connu pour ses accointances avec l'extrême droite et le néofascisme.
Des contrats juteux et discrets
Selon les informations recueillies, la fondation aurait signé plusieurs contrats de communication et de marketing avec des sociétés appartenant ou liées à Frédéric Chatillon. Ces contrats, d'un montant total de plusieurs centaines de milliers d'euros, concernent notamment la réalisation de campagnes publicitaires, la gestion de sites web et la production de contenus audiovisuels.
Les transactions auraient été réalisées sans mise en concurrence, ce qui soulève des questions sur la gestion des fonds de la fondation. Les enquêteurs pointent du doigt un manque de transparence et des liens personnels entre Brigitte Bardot et Frédéric Chatillon, qui seraient amis de longue date.
Un profil controversé
Frédéric Chatillon n'en est pas à sa première controverse. Ancien dirigeant du GUD (Groupe Union Défense), un syndicat étudiant d'extrême droite, il a été condamné à plusieurs reprises pour des infractions financières et des propos racistes. Il est également connu pour avoir été un proche de Jean-Marie Le Pen et pour ses activités de conseil auprès de partis d'extrême droite en Europe.
La fondation Brigitte Bardot, de son côté, se défend en affirmant que les contrats ont été attribués dans le respect des règles et que les compétences de M. Chatillon dans le domaine de la communication sont reconnues. Elle précise que les fonds proviennent de dons privés et non de subventions publiques.
Réactions et conséquences
Cette révélation a suscité de vives réactions dans le monde associatif et politique. Plusieurs associations de protection animale ont exprimé leur indignation, estimant que ces liens ternissent l'image de la cause animale. Des voix s'élèvent pour demander une enquête plus approfondie sur les finances de la fondation.
Du côté des politiques, des élus de gauche et écologistes ont interpellé le gouvernement sur les liens entre la fondation et des personnalités d'extrême droite. Certains appellent à un retrait du label d'utilité publique dont bénéficie la fondation, tandis que d'autres réclament plus de transparence sur les financements des associations.
La fondation Brigitte Bardot, par la voix de son avocat, a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation, estimant que l'enquête de Libération est partiale et vise à nuire à sa réputation. L'affaire promet de faire couler encore beaucoup d'encre.



