Brandt placé en liquidation judiciaire : un coup porté au made in France
Le tribunal de Nanterre a rendu une décision cruciale vendredi 13 mars 2026, en retenant l'offre du groupe Cafom pour la reprise des marques et stocks de Brandt, l'ancien fleuron de l'électroménager français. Cette décision marque un tournant dramatique pour l'entreprise, liquidée en décembre dernier, et suscite des inquiétudes profondes quant à l'avenir de l'industrie nationale.
Une offre préférée parmi 35 propositions
La proposition de Cafom, un distributeur d'équipement de la maison spécialisé dans les outre-mer, s'élève à 18,6 millions d'euros. Elle a été sélectionnée parmi pas moins de 35 offres concurrentes, selon une décision consultée par l'AFP. Parmi ces alternatives, une proposition ambitieuse aurait pu permettre le lancement d'une nouvelle activité industrielle dans les usines historiques de Brandt.
Ce plan industriel était soutenu activement par la région Centre-Val de Loire et Orléans Métropole, mais il n'a pas été retenu par le tribunal des activités économiques de Nanterre. Cette orientation vers une reprise axée sur les actifs immatériels plutôt que sur la production soulève des questions sur la préservation des savoir-faire français.
Des réactions émues et critiques
Le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, n'a pas caché sa déception, déclarant à l'AFP : "C'est un coup dur porté au made in France." Cette phrase résume le sentiment de nombreux acteurs économiques et politiques qui voient dans cette décision un affaiblissement supplémentaire du tissu industriel national.
Les conséquences sont lourdes :
- La perte potentielle de centaines d'emplois directs et indirects
- Un risque de disparition des compétences techniques spécifiques à Brandt
- Une remise en question de la stratégie de relocalisation industrielle en France
Que va devenir l'entreprise Brandt ?
Avec cette reprise par Cafom, l'avenir de Brandt semble se dessiner autour de la valorisation de ses marques et stocks existants, plutôt que d'une relance de la production. Cette orientation contraste avec les espoirs placés dans un redémarrage industriel qui aurait pu insuffler une nouvelle dynamique économique dans la région.
Les observateurs s'interrogent maintenant sur la capacité de Cafom à préserver l'héritage et la réputation de Brandt, tout en développant une stratégie commerciale viable. La situation illustre les défis auxquels font face les anciens fleurons industriels français dans un contexte économique mondialisé.
Cette affaire dépasse le simple cadre d'une liquidation judiciaire pour toucher à des enjeux plus larges : la souveraineté industrielle, la préservation de l'emploi manufacturier et la place du made in France dans la consommation des ménages. Les développements à venir seront scrutés avec attention par tous ceux qui s'inquiètent de l'avenir de l'industrie française.



