Apple fête ses 50 ans : comment Steve Jobs a révolutionné notre rapport à la technologie
Apple 50 ans : la révolution technologique de Steve Jobs

Apple célèbre un demi-siècle d'innovations révolutionnaires

À l'occasion des 50 ans de la célèbre marque à la pomme, il est fascinant de revenir sur les avancées technologiques d'Apple et de son cofondateur Steve Jobs qui ont radicalement transformé la relation entre les humains et les machines. Cet article s'appuie sur une publication originale de The Conversation.

L'émergence de l'informatique personnelle

Au début des années 1970, l'idée qu'un individu ordinaire puisse posséder un ordinateur paraissait totalement farfelue. Les ordinateurs de l'époque ressemblaient davantage à des porte-avions ou à des centrales nucléaires qu'à des appareils domestiques : des machines monumentales installées dans des centres de données, exploitées par des équipes de spécialistes au service des gouvernements, des universités et des grandes entreprises. Puis Apple est apparue.

Fondée le 1er avril 1976 par deux « décrocheurs universitaires », les célèbres Steve Jobs et Steve Wozniak, la start-up de la Silicon Valley n'a pas inventé l'informatique. Mais elle a accompli quelque chose de bien plus significatif : contribuer à transformer l'informatique en technologie véritablement personnelle et accessible.

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L'Apple II : le premier ordinateur avec du style

Les premiers ordinateurs personnels relevaient davantage de la curiosité technique que de l'outil réellement utile. L'Apple II, lancé en juin 1977, introduisit une dimension nouvelle : le style et le design. Même sa couleur – beige ! – était originale, contrastant avec les boîtiers métalliques noirs qui dominaient alors le marché.

L'affichage en couleurs était une nouveauté enthousiasmante, et le clavier offrait une sensation agréable à l'usage. Un simple haut-parleur, doté d'une sortie d'un seul bit, était ingénieusement exploité pour produire des tonalités et même des sons ressemblant à la parole. Le design était révolutionnaire jusqu'à l'emballage : Jerry Manock, premier designer salarié d'Apple, installa la machine dans un boîtier en plastique moulé à l'allure élégante et professionnelle.

La souris : une nouvelle manière d'interagir

En 1979, Steve Jobs, alors âgé de 24 ans et convaincu que le géant technologique IBM était en train de rattraper Apple, se mit en quête de la prochaine grande innovation. L'entreprise Xerox, qui souhaitait obtenir des actions Apple avant son entrée en bourse, lui proposa en échange une visite de ses laboratoires de recherche. Jobs découvrit alors que des chercheurs du centre de Xerox à Palo Alto, comme Alan Kay, étaient en train d'inventer la prochaine génération d'interfaces informatiques.

Au cœur de cette révolution se trouvait un dispositif mis au point au milieu des années 1960 par le mentor d'Alan Kay, Douglas Engelbart, à l'université Stanford, et surnommé « la souris ». La vision d'Engelbart, qui voyait l'ordinateur comme une machine destinée à augmenter les capacités de l'esprit humain, inspira Kay et ses collègues, qui conçurent des interfaces graphiques avec barres de défilement, boutons, menus et fenêtres.

Le Macintosh : la naissance des lancements de produits modernes

Steve Jobs était convaincu que n'importe qui devait pouvoir utiliser un ordinateur. En janvier 1984, le premier Apple Mac poussa cette idée à un niveau inédit. Fini les commandes informatiques sibyllines et les manuels complexes. Les premiers utilisateurs avaient l'impression de savoir instinctivement comment tout faire.

Mais le lancement du Mac ne se résume pas à ce saut technologique. Il inspira aussi ce qui est devenu un moment culturel désormais ancré dans nos vies : le lancement de produit spectaculaire. Après une publicité aguicheuse diffusée lors du Super Bowl et réalisée par Ridley Scott, Steve Jobs mit en scène dans un théâtre de 1 500 places un lancement centré sur un présentateur charismatique. Il sortit d'un sac un petit ordinateur carré – encore beige – alors appelé Macintosh, qui se mit à parler de lui-même sous les applaudissements enthousiastes de la salle.

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Pixar : le projet parallèle visionnaire de Jobs

Au cours de sa première décennie, Apple connut une croissance exceptionnelle mais frôla aussi la faillite à plusieurs reprises. Ces difficultés conduisirent à l'un des épisodes les plus spectaculaires de son histoire lorsque, en mai 1985, Apple força Jobs à quitter la société.

Un an plus tard, alors qu'il dirigeait la start-up NeXT Inc, Steve Jobs racheta une division de la société de production de George Lucas, qu'il rebaptisa rapidement Pixar. Son logiciel RenderMan permettait de générer des images en répartissant les calculs entre plusieurs machines travaillant simultanément.

Pixar, souvent décrit avec humour comme le « projet parallèle » de Jobs, deviendra l'un des studios d'animation les plus influents – et les plus rentables – au monde, produisant notamment le premier long métrage entièrement animé par ordinateur, Toy Story (1995).

L'iMac : la rencontre de deux visions créatives

Après une tentative infructueuse de développer un nouveau système d'exploitation avec IBM, Apple finit par racheter la société NeXT de Steve Jobs. En septembre 1997, celui-ci revint comme PDG par intérim alors que l'entreprise se trouvait, selon ses propres mots, à « deux mois de la faillite ». Si ce retour fut salué par de nombreux utilisateurs d'Apple, il inquiéta une partie des salariés.

Au cours de cette restructuration, Jobs visita le studio de design d'Apple et s'entendit immédiatement avec un jeune designer britannique, Jony Ive. De cette rencontre naquit en 1998 l'iMac translucide aux couleurs acidulées. Essentiellement des machines NeXT plus petites et moins chères, les iMac (le « i » signifiant Internet) inaugurèrent aussi une autre innovation d'Apple : l'abandon des technologies vieillissantes. Le lecteur de disquettes fut supprimé au profit d'un lecteur de CD – un choix très critiqué à l'époque, mais largement imité par la suite.

L'iPod : mille chansons dans votre poche

Pour Apple, l'informatique n'a jamais consisté uniquement à faire de l'informatique. En 2001, l'entreprise commença à s'intéresser au traitement du son et de la vidéo, et plus seulement du texte et des images. En novembre de la même année, elle lança l'iPod – un baladeur capable de stocker « 1 000 chansons dans votre poche », contre au maximum 20 à 30 par cassette sur un Walkman de Sony.

L'iPod se pilotait grâce à une élégante « click wheel » permettant de naviguer à l'écran. La musique était synchronisée via une nouvelle application appelée iTunes. Dès 2005, les utilisateurs s'en servaient aussi pour gérer des fichiers audios téléchargés automatiquement depuis Internet grâce à un système appelé RSS. C'est ce qui donnera le « pod » de podcast.

L'iPhone : un ordinateur dans toutes les mains

En 2007, de nombreux fabricants de téléphones mobiles avaient approché Apple pour fusionner l'iPod avec leurs appareils. Steve Jobs choisit une autre voie. Le 9 janvier, il dévoila le produit le plus ambitieux jamais lancé par Apple : un appareil combinant téléphone, lecteur de musique et ordinateur Mac – le tout au format d'un simple combiné, sans clavier physique et doté d'un large écran.

La plupart des « experts » des médias, de TechCrunch au Guardian, prédisaient un échec. Steve Ballmer, alors PDG de Microsoft, se moquait du prix de 500 dollars, affirmant que personne n'achèterait un tel appareil. En réalité, 1,4 million d'iPhone furent vendus avant même la fin de l'année – et plus de 3 milliards depuis. Pour la première fois, un véritable ordinateur se retrouvait dans toutes les mains – ouvrant la voie aux réseaux sociaux tels que nous les connaissons aujourd'hui.

L'App Store : la révolution logicielle

À la mi-2008, l'iPhone offrit à tous les développeurs la possibilité de créer une multitude vertigineuse de nouvelles applications. Dans le même temps, l'App Store – lancé le 10 juillet 2008 – résolut l'un des problèmes les plus complexes : la distribution et la commercialisation de ces « apps ». Historiquement, les logiciels étaient souvent copiés et diffusés librement.

L'App Store changea la donne en utilisant un chiffrement robuste pour garantir que la copie achetée ne puisse être utilisée que par l'utilisateur concerné, réduisant ainsi le piratage. En lançant le premier App Store au sens moderne du terme, Apple transforma la manière dont les utilisateurs découvrent et achètent des logiciels. Cela déclencha une explosion du nombre d'applications et imposa une idée simple mais puissante : quoi que vous souhaitiez faire, quelqu'un, quelque part, a déjà créé l'application pour le faire. Apple résuma cette évolution dans un slogan devenu célèbre : « There's an app for that » (« Il y a une application pour ça »).

À maintes reprises, cette entreprise hors norme a anticipé l'intérêt d'ouvrir l'informatique au plus grand nombre. Joyeux anniversaire, Apple !