L'État français impose un partenariat équilibré pour la cession d'Exaion à Mara
Le gouvernement a donné son accord, vendredi 20 février 2026, à l'acquisition par le groupe américain Mara de la filiale d'EDF Exaion, spécialisée dans le calcul de haute performance, le cloud souverain et l'intelligence artificielle. Cependant, cette autorisation est soumise à des conditions « contraignantes » visant à protéger les intérêts stratégiques de la France. L'État, actionnaire à 100 % d'EDF, a « subordonné son autorisation » au respect par Mara de clauses juridiquement contraignantes, selon un communiqué de Bercy.
Des garanties pour la souveraineté technologique
Le ministre de l'économie, Roland Lescure, a commenté cette décision en affirmant que « l'État a refusé une cession exclusive pour imposer un partenariat équilibré ». Il a souligné que cette approche confirme l'attractivité de la France pour les investissements internationaux tout en assurant une protection intransigeante de la souveraineté technologique nationale. Le projet de cession, officialisé en août, prévoyait la vente par EDF de 64 % d'Exaion à Mara pour 168 millions d'euros, mais avait suscité des inquiétudes politiques quant à la perte d'une « pépite » technologique.
L'entrée de Xavier Niel et un conseil d'administration majoritairement français
Parmi les conditions imposées, l'État a exigé l'intégration d'un acteur français dans le montage, permettant l'entrée au capital du groupe NJJ, holding contrôlée par le milliardaire français Xavier Niel. NJJ prendra une participation minoritaire de 10 % au capital de Mara France, ce qui garantit une présence française dans la gouvernance d'Exaion. Bercy précise que « ensemble, les intérêts français représentent désormais près de la moitié du capital d'Exaion ». De plus, le conseil d'administration d'Exaion est désormais majoritairement nommé par des investisseurs français, avec 5 sièges sur 8, assurant ainsi une « majorité d'intérêts français ».
Suppression de la clause de non-concurrence et autonomie stratégique
Une autre condition clé est la suppression de la clause de non-concurrence initialement demandée par Mara. Cela permet à EDF de bénéficier d'une « pleine autonomie stratégique pour le développement de ses activités et projets futurs » dans le domaine numérique, selon le ministère. Cette mesure vise à éviter toute restriction qui pourrait entraver l'innovation et la croissance d'EDF dans les technologies émergentes.
Un partenariat pour accélérer le déploiement d'Exaion
EDF, Mara et NJJ ont publié un communiqué commun indiquant que « l'objectif du partenariat est d'accélérer le déploiement d'Exaion et de faire émerger depuis la France un acteur européen dans le domaine des infrastructures numériques ». Cette collaboration devrait permettre de renforcer la position d'Exaion sur le marché tout en préservant les intérêts nationaux. La procédure du contrôle des investissements étrangers en France (IEF) a été utilisée pour transformer le projet initial en un partenariat compatible avec la souveraineté technologique.
En résumé, cette décision illustre la volonté du gouvernement de concilier attractivité économique et protection des actifs stratégiques, en imposant des garde-fous rigoureux pour les investissements étrangers dans des secteurs sensibles comme les technologies de pointe.



