À quelques mètres sous la Roseraie, à Cannes, les pelleteuses continuent de creuser ce qui deviendra, d'ici à la fin 2027 ou au début de l'année 2028, le cœur d'un réseau de thalassothermie capable de chauffer et de climatiser une partie de la ville grâce à la Méditerranée. En surface, une dizaine d'habitants observent le chantier. Pendant plus d'une heure, ils suivent les explications des équipes d'Engie Solutions et de l'Agglomération Cannes Lérins. Une immersion au plus près d'un projet hors norme, où les questions sont parfois aussi nombreuses que les mètres de profondeur déjà creusés.
Des questions pour mieux comprendre la thalassothermie
Pour beaucoup, cette visite permet enfin de mettre des images sur un projet dont ils entendent parler depuis plusieurs années. « On n'a pas souvent l'occasion de s'approcher d'un chantier de cette ampleur-là et de voir de nos propres yeux ce que ça représente », explique Aurélie Chapon, responsable du service pilotage des délégations de service public de l'Agglomération Cannes Lérins. Après les scolaires et les professionnels, ce sont désormais les habitants qui sont invités à découvrir les coulisses de la future centrale.
Les interrogations portent autant sur le fonctionnement de la thalassothermie que sur ses conséquences au quotidien : quels immeubles pourront être raccordés ? Les travaux sont-ils terminés dans certains secteurs ? Qui fixe le prix de l'énergie ? Autant de questions auxquelles les équipes techniques répondent en détaillant le fonctionnement d'un réseau qui utilisera les calories et les frigories de la mer pour alimenter une cinquantaine de bâtiments collectifs.
Un projet qui suscite déjà l'intérêt au-delà de Cannes
Habitant du secteur Alexandre III, Daniel se sent directement concerné. « J'avais envie de comprendre concrètement comment ça allait fonctionner et surtout ce que ça allait changer pour nous. Les explications étaient très claires, ça rassure de voir qu'il y a un vrai travail derrière, notamment sur l'impact environnemental. » Comme beaucoup de copropriétaires, il attend désormais des réponses sur les délais, le coût et les futurs raccordements. « Mais si ça permet de faire des économies d'énergie, c'est une bonne chose. »
Le chantier attire même des visiteurs venus de plus loin. Ghislaine et Alexandre ont fait le déplacement depuis Antibes, sans être concernés par le futur réseau. « On s'intéresse beaucoup à ces projets-là. C'est super de refaire ça un peu partout, ça va dans le sens des économies d'énergie », estime Alexandre. Avant d'ajouter : « On aimerait qu'un projet comme celui-là voie aussi le jour à Antibes. »
Alors que 70 % du réseau est déjà installé et que la centrale continue de sortir de terre, l'Agglomération entend poursuivre ces rendez-vous avec le public tant que le chantier le permet. De quoi continuer à répondre aux interrogations des riverains, avant que cette centrale ne disparaisse sous terre... pour alimenter, en toute discrétion, une partie de la Croisette.



