TotalEnergies relance son méga-projet gazier au Mozambique après cinq ans d'arrêt
Le géant énergétique français TotalEnergies a officiellement annoncé jeudi la reprise complète de son projet gazier Mozambique LNG, après près de cinq années de suspension suite à une attaque djihadiste meurtrière. Cette décision marque un tournant majeur pour l'économie mozambicaine et l'industrie énergétique africaine.
Une relance officielle lors d'une cérémonie présidentielle
Patrick Pouyanné, le président-directeur général de TotalEnergies, a fait cette annonce lors d'une cérémonie solennelle à laquelle assistait le président mozambicain Daniel Chapo. « Je suis ravi d'annoncer la relance complète du projet Mozambique LNG. La force majeure est levée », a déclaré le dirigeant français avec un soulagement palpable. L'entreprise avait effectivement levé en octobre l'état de force majeure qu'elle avait déclaré après les événements tragiques de 2021.
Un projet de 20 milliards de dollars suspendu par la violence
Ce projet colossal, évalué à 20 milliards de dollars, est situé dans la province septentrionale de Cabo Delgado, à la frontière avec la Tanzanie. Il avait été brutalement interrompu en mars 2021 après une attaque djihadiste sur la ville voisine de Palma, dans le nord du pays, qui avait causé la mort d'environ 800 personnes. L'insurrection dans cette province, menée par un groupe affilié à l'organisation État islamique, a fait plus de 6 300 victimes depuis 2017, créant un contexte sécuritaire extrêmement complexe.
Le plus grand investissement privé énergétique en Afrique
Considéré comme le plus important investissement privé dans les infrastructures énergétiques du continent africain, ce projet devrait générer des milliers d'emplois directs et indirects. Les gigantesques réserves sous-marines de gaz découvertes au large de Cabo Delgado pourraient propulser le Mozambique parmi les principaux exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié d'ici 2025, transformant radicalement l'économie nationale.
Compensations et extensions négociées
TotalEnergies avait réclamé fin octobre au gouvernement mozambicain une compensation financière pour les surcoûts engendrés par le retard, estimée à 4,5 milliards de dollars. L'entreprise demandait également une extension de sa concession de dix années, en plus d'un rattrapage des quatre ans et demi perdus pendant la suspension. Ces négociations ont abouti à un accord permettant la relance du projet.
Une étape significative pour l'économie mozambicaine
La présidence mozambicaine a salué dans un communiqué officiel que la reprise du projet « constitue une étape significative pour l'économie nationale et réaffirme la confiance des partenaires internationaux dans le potentiel énergétique, institutionnel et humain du Mozambique ». Cette relance représente un signal fort de stabilité et d'attractivité pour les investisseurs étrangers dans la région.
La province de Cabo Delgado, riche en ressources mais longtemps minée par l'insécurité, voit ainsi renaître l'espoir d'un développement économique durable. Les autorités mozambicaines et TotalEnergies devront cependant maintenir une vigilance extrême sur la sécurité des installations et des travailleurs, dans une région où la menace djihadiste reste présente malgré les récents progrès.



