TotalEnergies menace de supprimer le plafonnement des prix du carburant
TotalEnergies menace de supprimer le plafonnement

Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a menacé ce mardi 5 mai de supprimer le plafonnement des prix du carburant en France si le gouvernement instaure une taxe sur les profits exceptionnels réalisés grâce à la guerre au Moyen-Orient. Dans une interview accordée à Sud Ouest et La République des Pyrénées, il a clairement averti : « En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement dans nos stations en France. »

Des bénéfices records au premier trimestre

TotalEnergies a annoncé des bénéfices de 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d'euros) au premier trimestre, soit une hausse de 51 % sur un an et un doublement par rapport au quatrième trimestre 2025. Ces résultats exceptionnels sont directement liés à la flambée des cours du brut provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Patrick Pouyanné a indiqué qu'il était « fort probable » que le groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les multinationales, mise en place par le gouvernement en 2025 et reconduite pour 2026. Cette taxe concerne les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 1,5 milliard d'euros. Cependant, TotalEnergies n'y était pas soumis en 2025 car son activité de raffinage en France était déficitaire.

Le débat politique relancé

L'annonce de ces profits records a relancé le débat sur l'opportunité d'une taxe spécifique sur les superprofits. À gauche, des propositions de loi ont été déposées, tandis que le gouvernement semble préférer laisser le pétrolier « redistribuer » cet argent comme il l'entend. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi encouragé TotalEnergies à « un plafonnement généreux des prix à la pompe » pour redistribuer les profits supplémentaires, selon La Tribune Dimanche.

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Pas de pénurie, mais un coût plus élevé

Interrogé sur ses propos alarmistes de fin avril concernant une « ère de pénurie énergétique » si le blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran se prolongeait, Patrick Pouyanné a nuancé : « Je n'ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l'approvisionner. » Il a toutefois prévenu que l'approvisionnement aurait « un coût plus élevé », car il faudra acheminer des carburants en concurrence avec l'Asie, donc en payant plus cher.

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