Renault accélère sa transition électrique avec un plan ambitieux pour 2030
Le groupe Renault a dévoilé mardi son plan stratégique pour la période 2026-2030, marquant une accélération significative de sa transition vers l'électrification. L'objectif est clair : atteindre 100% de ventes électrifiées en Europe d'ici 2030, contre seulement 60% actuellement, et 50% hors d'Europe pour la même échéance.
Un virage stratégique vers l'hybride
Le constructeur français a infléchi sa stratégie initiale en élargissant son ambition aux véhicules hybrides. Alors que le plan précédent de 2021 visait 100% de véhicules tout électrique d'ici 2030, le nouveau plan intègre désormais les hybrides dans son objectif d'électrification. Cette adaptation fait suite aux ventes plus lentes que prévu des voitures tout électrique et à l'assouplissement des objectifs européens pour 2035, qui ouvrent désormais la porte aux hybrides.
Renault prévoit ainsi de maintenir des modèles hybrides en Europe après 2030, tout en maintenant fermement le cap de l'électrification pour sa marque principale. Cette position contraste avec celle de son rival Stellantis, qui envisage de relancer des modèles à essence et diesel.
Un plan « futuREady » avec 36 nouveaux modèles
Baptisé « futuREady », ce nouveau plan stratégique succède au plan « Renaulution » de l'ancien directeur général Luca de Meo. Conçu par le nouveau directeur général François Provost, il prévoit le lancement de 36 nouveaux modèles entre 2026 et 2030, dont 16 seront électriques. C'est davantage que les 32 modèles sortis entre 2021 et 2025.
Le plan mise sur trois marchés internationaux prometteurs : l'Inde, la Corée et l'Amérique latine. Pour ces régions, le groupe développera 14 des 36 nouveaux modèles prévus. Douze nouveaux modèles sous la marque Renault seront également lancés en Europe, tandis que le groupe continue de rester à l'écart des marchés américain et chinois.
Ambitions technologiques et expansion internationale
Renault vise plus de 2 millions de véhicules vendus par an d'ici 2030, contre 1,6 million actuellement, dont 50% hors d'Europe (contre 38% aujourd'hui). Sa marque low-cost Dacia doit également accélérer son électrification, qui représentera les deux tiers de ses ventes en 2030, avec 4 véhicules électriques contre un seul actuellement.
Dans la catégorie électrique, le constructeur accorde une place importante aux futurs modèles avec prolongateur d'autonomie, permettant selon le groupe d'atteindre jusqu'à 1 400 km d'autonomie avec des émissions inférieures à 25 grammes de CO2/km. Renault annonce également une ambition technologique « à l'égal des chinois » avec des batteries rechargeables en 10 minutes et des moteurs sans terre rare, développés en Europe.
Innovations technologiques et réduction des coûts
Le constructeur lancera dès cette année un modèle « défini par logiciel », dont le logiciel peut être mis à jour à distance comme un smartphone. Le premier, lancé courant 2026, sera un véhicule utilitaire électrique Trafic fabriqué à Sandouville.
Renault vise également à réduire ses coûts de production grâce à une nouvelle plateforme technologique RGEV Medium 2.0, développée « principalement en France ». Cette plateforme permettra d'ajouter des prolongateurs d'autonomie et intégrera un nouveau système d'exploitation codéveloppé avec Google sur base Android.
Le constructeur annonce l'intégration de 350 robots humanoïdes dans ses usines pour les tâches pénibles ou à faible valeur ajoutée, suivant l'exemple de BMW et Hyundai. L'intelligence artificielle sera également utilisée pour réduire les coûts de production.
Partenariats et objectifs financiers
Pour ses partenaires Nissan, Mitsubishi Motors, Volvo Trucks, Ford et son allié chinois Geely, Renault produira plus de 300 000 véhicules par an d'ici 2030 sur trois continents. En Inde, le groupe fabriquera une gamme complète de Nissan, tandis qu'en Corée du Sud et en Amérique du Sud, il continuera de s'appuyer sur son partenariat avec Geely.
Renault a par ailleurs confirmé ses objectifs financiers : une marge opérationnelle de 5 à 7% du chiffre d'affaires et un free cash-flow de l'automobile d'au moins 1,5 milliard d'euros par an en moyenne.



