Pétrole : le Brent franchit les 126 dollars, craintes de stagflation
Pétrole : le Brent franchit 126 dollars, craintes de stagflation

Les prix du pétrole poursuivent leur course jeudi, portés par la perspective d'un conflit prolongé au Moyen-Orient et l'absence de tout signe de négociations de paix. Le Brent, référence mondiale du brut, a dépassé les 126 dollars lors des échanges asiatiques, un sommet depuis début 2022, date de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Depuis le début de l'année, le prix du Brent a doublé.

Un conflit prolongé et un blocus du détroit d'Ormuz

Selon Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank, les investisseurs intègrent désormais un conflit plus long et un blocus prolongé du détroit d'Ormuz, passage stratégique par où transitait avant le conflit 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Des informations du média américain Axios ont également électrisé le marché : le président américain Donald Trump devrait recevoir jeudi un briefing sur de nouveaux plans d'une éventuelle action militaire en Iran, selon deux sources proches du dossier.

Craintes d'un choc stagflationniste

Avec le détroit d'Ormuz toujours fermé, les craintes d'un choc stagflationniste prolongé se renforcent, explique Jim Reid. Les conséquences sont déjà visibles sur les marchés obligataires : les rendements des obligations souveraines grimpent en flèche. L'emprunt allemand à 10 ans (Bund) évoluait à 3,11 % jeudi, contre 2,64 % avant la guerre. Le rendement de l'emprunt français à dix ans s'établissait à 3,78 % contre 3,22 % avant le conflit. Hors UE, le rendement britannique à 10 ans atteignait 5,08 %, loin des 4,23 % d'avant-guerre. Au Japon, le taux de l'emprunt à échéance 10 ans est monté jusqu'à 2,53 %, un plus haut depuis 1997.

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La Fed profondément divisée

La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé mercredi de laisser ses taux inchangés (entre 3,50 % et 3,75 %), une décision largement anticipée. Cependant, quatre responsables ont manifesté leur désapprobation pour des raisons différentes. Certains ont estimé qu'il était trop tôt pour signaler un assouplissement alors que les perspectives d'inflation restent incertaines, relève Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote. Cette divergence pourrait compliquer la communication de la Fed sous la nouvelle présidence de Kevin Warsh, qui succède à Jerome Powell, en particulier à mesure que les anticipations de politique monétaire évoluent.

BCE et BoE attendues sur le statu quo

Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre (BoE) devraient également opter pour le statu quo sur leurs taux. En attendant, le dollar restait stable face à la monnaie unique, à 1,1680 dollar pour un euro.

Bourses mondiales contrastées

Sur les marchés d'actions asiatiques, les principaux indices ont accéléré leurs pertes à mesure que les cours du pétrole s'envolaient, le continent restant extrêmement dépendant du Golfe pour ses approvisionnements en hydrocarbures. L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé en recul de 1,06 %. À Séoul, le Kospi a perdu 1,38 % après avoir brièvement touché un nouveau sommet à l'ouverture. En Europe, le ton est également maussade : les investisseurs se préparent à un ton plus restrictif des banques centrales et aux premières publications d'inflation reflétant l'impact de la situation iranienne, estime Patrick Munnelly de Tickmill Group. Dans les premiers échanges européens, la Bourse de Paris perdait 1,10 %, Francfort 0,35 % et Milan 0,95 %. Seule Londres se maintenait (+0,20 %), profitant de la hausse des prix de l'énergie grâce à la composition de son indice phare, le FTSE 100.

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