Pétrole : la baisse stoppée après l'échec des négociations USA-Iran et le blocus américain
Pétrole : la baisse stoppée après l'échec USA-Iran

Pétrole : la baisse stoppée après l'échec des négociations USA-Iran et le blocus américain

La brève accalmie sur les marchés pétroliers, amorcée mercredi dernier grâce à une trêve fragile au Moyen-Orient, a été brutalement interrompue. Les négociations entre Américains et Iraniens, qui se tenaient au Pakistan, ont échoué, provoquant une réaction immédiate des États-Unis et un rebond spectaculaire des cours.

Un rebond de 7% sur les marchés asiatiques

Les prix du pétrole ont flambé de 7% en fin de séance asiatique ce lundi, repassant au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars le baril. Cette remontée fait suite à l'annonce par Washington d'un blocus maritime contre l'Iran. Alors que le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai était redescendu autour de 97 dollars en fin de semaine dernière, il a rebondi de 7,40% à 103,70 dollars. De son côté, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale pour la livraison en juin, s'échangeait à 101,79 dollars, en hausse de 6,97%. En début de séance, les deux références avaient même gagné plus de 8%.

Le blocus américain des ports iraniens

L'armée américaine a confirmé qu'elle débuterait un blocus des ports iraniens à partir de lundi 14h, en réponse directe à l'échec des pourparlers. Toutefois, elle a précisé qu'elle autoriserait la circulation des navires ne partant pas ou ne se dirigeant pas vers l'Iran à travers le détroit d'Ormuz. Ce passage stratégique est crucial, car il voit transiter habituellement un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole.

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Le chef de la marine militaire iranienne, l'amiral Shahram Irani, a réagi vivement à cette annonce. « Les menaces du président des États-Unis de mettre en place un blocus maritime contre l'Iran […] sont tout à fait ridicules et amusantes », a-t-il déclaré, soulignant les tensions persistantes entre les deux nations.

Impact en France : une baisse timide du gazole interrompue

En France, la trêve au Moyen-Orient avait permis une légère baisse des prix à la pompe. Le litre de gazole avait ainsi amorcé une descente timide, mais cette tendance a été stoppée net ce week-end avec l'échec des négociations. Selon les dernières données, le prix moyen du litre de gazole s'établissait à 2,333 euros ce lundi 13 avril 2026 à 09h00, contre 2,398 euros au plus haut le 8 avril. Cela représente une baisse de 6,5 centimes d'euro depuis mercredi.

Pour suivre l'évolution précise du prix de vente du gazole dans les stations-service françaises, une infographie interactive est disponible. Elle affiche le prix moyen calculé à partir des données fournies par 9800 stations auprès du site gouvernemental Prix-carburants.gouv.fr, avec une actualisation horaire.

Pénuries : pas d'amélioration dans les stations françaises

Dans ce contexte volatile, l'état du réseau de distribution de carburant en France montre des signes de fragilité croissants en ce début de semaine. Au niveau national, la part des stations-service en difficulté d'approvisionnement (pour l'essence ou le gazole) grimpe à 11% ce lundi 13 avril matin à 9h00. Cette hausse confirme une dégradation progressive amorcée il y a 48 heures, avec 8% le 11 avril, puis 10% le 12.

La Nouvelle-Aquitaine n'échappe pas à cette tension. Bien que la région affiche une certaine résilience avec un taux de rupture stabilisé à 9% ce 13 avril, elle a connu une hausse d'un point depuis le 11 avril. Si la situation y est moins critique qu'en Île-de-France, qui culmine désormais à 14%, le territoire néo-aquitain reste sous étroite surveillance. La barre symbolique des 10% de stations en souffrance se rapproche dangereusement, illustrant les défis logistiques et économiques auxquels fait face le pays.

Cette escalade des prix et des tensions géopolitiques rappelle la dépendance mondiale aux hydrocarbures et la sensibilité des marchés aux événements internationaux. Les consommateurs et les économies doivent se préparer à une période d'incertitude prolongée.

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