Pourquoi le prix de l'essence va rester élevé malgré les aides
Prix de l'essence : pourquoi il va rester élevé

Alors que de nouvelles aides carburant doivent être annoncées jeudi par le gouvernement, le ministre de l'Économie a indiqué mardi que le prix de l'essence va « sans doute rester élevé ». Voici pourquoi.

Une situation tendue dans le détroit d'Ormuz

« Si on rouvre le détroit d’Ormuz demain, il n’y aura pas d’arrivée des navires tout de suite », a affirmé mardi sur BFM le ministre de l’Économie Roland Lescure. Le prix de l’essence va donc « sans doute rester élevé ». Aujourd’hui « on est à peu près à 2,15 euros le litre » de gazole, il est « probable que cela reste élevé » mais « si le pétrole baisse je m’attends à ce que l’essence baisse à la pompe également », a-t-il prévenu, rappelant que de nouvelles aides carburant allaient être annoncées jeudi.

Des flambées à prévoir pour l'été ?

Cette situation s’explique par le fait qu’Ormuz concentre près d’un cinquième du pétrole et du gaz mondial, forçant les pays à puiser dans leurs réserves à une vitesse « record » à mesure que la guerre au Moyen-Orient s’enlise. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a d’ailleurs alerté, à l’approche de l’été, sur le scénario d’un marché pétrolier « en déficit » pour des mois et de nouvelles flambées de prix.

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« Plus de dix semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, les pertes croissantes d’approvisionnement dans le détroit d’Ormuz épuisent les stocks mondiaux de pétrole à un rythme record », soulignait l’AIE mercredi dernier dans son rapport mensuel sur les marchés pétroliers. L’agence de l’énergie de l’OCDE juge « probable » de voir les prix fluctuer « à l’approche de la période de pointe » estivale des vacances. Les stocks mondiaux observés ont en effet fondu de 250 millions de barils sur mars et avril, soit un rythme de 4 millions de barils par jour.

Perspectives de déficit prolongé

En partant du scénario optimiste d’une reprise progressive des flux pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz à partir de juin, « la demande pourrait renouer avec la croissance vers la fin de l’année, mais l’offre devrait se redresser plus lentement », estime l’AIE. En conséquence, le marché pétrolier restera « en déficit jusqu’au dernier trimestre de l’année » et les prix du carburant ne baisseront pas beaucoup jusque-là.

Selon l’analyse de l’agence, la demande mondiale de pétrole pourrait dépasser l’offre pour un impact cumulatif depuis fin février de 900 millions de barils jusqu’en septembre. L’écart sera comblé pour environ moins de la moitié grâce à la libération progressive de 426 millions de barils issus des stocks stratégiques des 32 pays membres de l’AIE, une décision annoncée en mars, et sans précédent. Mais une fois que les pays auront puisé dans ces stocks, « il restera un déficit de 500 millions de barils à résorber par les stocks de l’industrie, des réductions de la demande, une augmentation de l’offre – ou une combinaison de ces facteurs », a expliqué Toril Bosani, cheffe de la division industrie et marchés pétroliers à l’AIE.

En clair, même en cas de réouverture prochaine du détroit d’Ormuz, les prix du carburant pourraient rester élevés pendant un long moment.

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