La France dévoile sa nouvelle PPE : objectif 71% d'énergie décarbonée d'ici 2035
PPE 2026 : la France vise 71% d'énergie décarbonée en 2035

La France accélère sa transition énergétique avec une nouvelle PPE ambitieuse

Le gouvernement français a officiellement présenté, ce 12 février 2026, sa troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), un document stratégique qui dessine la trajectoire énergétique du pays pour les prochaines années. Cette feuille de route marque une accélération significative de la décarbonation du mix énergétique national, avec des objectifs chiffrés particulièrement ambitieux.

Des objectifs chiffrés pour une transition accélérée

La stratégie retenue prévoit une augmentation considérable de la part des énergies décarbonées dans la production totale d'énergie : de 42% en 2023, elle devrait atteindre 60% en 2030, puis 71% en 2035. Si cette trajectoire est respectée, la France réduira effectivement de 55% ses émissions nettes de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à leur niveau de 1990.

Cette progression spectaculaire résulte de plusieurs mouvements simultanés :

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  • Une baisse drastique des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) qui passeront de 58% en 2023 à seulement 40% en 2030, puis 29% en 2035
  • Une électrification progressive des usages avec la part de l'électricité qui augmenterait de 27% en 2023 à 34% en 2030 et 38% en 2035
  • Une forte hausse des énergies renouvelables non électriques, principalement les pompes à chaleur et le solaire thermique, qui produiront de la chaleur ou du froid (de 15% en 2023 à 26% en 2030 et 32% en 2035)

Le mix énergétique : un équilibre à trouver

La PPE adopte une position médiane entre deux visions extrêmes souvent défendues. La stratégie du « tout nucléaire » n'est pas jugée réaliste car elle nécessiterait de quadrupler la capacité des centrales nucléaires, ce qui est considéré comme infaisable. À l'inverse, la stratégie du « 100% renouvelables » pose des problèmes majeurs d'intermittence de production et de stockage de l'électricité.

Le choix retenu est donc celui d'un mix énergétique équilibré, combinant nucléaire et énergies renouvelables. La production nucléaire ne progressera que modérément puisqu'aucun nouveau réacteur ne sera mis en service d'ici 2035. En revanche, les énergies renouvelables connaîtront une expansion significative :

  1. La production photovoltaïque (panneaux solaires) devrait doubler entre 2024 et 2035
  2. L'éolien terrestre progressera de 63% à 86%
  3. L'éolien en mer sera multiplié par 30 entre 2023 et 2035
  4. Le biométhane sera multiplié par un facteur compris entre 5 et 8 d'ici 2035

L'électrification massive : pilier de la stratégie

La PPE s'appuie principalement sur un mouvement d'électrification massif et une hausse forte de l'utilisation des pompes à chaleur. Cette électrification concerne trois secteurs majeurs : l'industrie, le transport et le bâtiment.

Pour l'industrie, l'électrification devrait passer de 37% en 2023 à 55% en 2035. Cependant, cette transition pose un problème de compétitivité majeur : son coût est estimé à environ 10 milliards d'euros chaque année d'ici 2035, alors que les aides publiques n'atteignent que 1 milliard d'euros par an. Cette électrification implique de détruire du capital existant et d'investir sans augmenter la capacité de production, créant ainsi un désavantage compétitif par rapport aux pays où l'électrification est plus lente.

Dans le bâtiment, les ventes de pompes à chaleur ont reculé de 19% en 2024 en raison de la baisse des aides publiques, notamment de MaPrimeRénov'. Cette situation illustre l'importance cruciale de la stabilité des dispositifs d'aide publique pour soutenir la transition.

Pour le transport, 28% des voitures vendues en 2025 étaient des véhicules tout-électrique. L'objectif affiché est que 15% du parc total de voitures soit électrique en 2030, ce qui imposerait de passer de 28% à 66% de la part de ces modèles dans l'ensemble des voitures vendues.

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Les défis financiers de la transition

Le problème le plus important qui touche la Programmation pluriannuelle de l'énergie concerne la pertinence des hypothèses de demande d'électricité. Le coût total de cette électrification est estimé à 82 milliards d'euros par an, et sans aides publiques suffisantes, les entreprises et les ménages n'ont pas les moyens de se décarboner.

Les difficultés budgétaires actuelles limitent cependant le montant des aides que l'État peut apporter, ce qui fait courir le risque d'une surproduction d'électricité si les objectifs d'offre sont atteints mais pas ceux de demande. Cette tension entre ambitions écologiques et contraintes financières constitue le principal défi de mise en œuvre de cette nouvelle PPE ambitieuse.