Le gouvernement français affiche une ambition élevée en matière de pompes à chaleur, mais les professionnels du secteur restent sceptiques. Dans le cadre de son « plan d'électrification », l'exécutif souhaite installer un million de pompes à chaleur par an d'ici à 2030, un objectif qui soulève des interrogations sur sa faisabilité.
Un objectif ambitieux mais contesté
Actuellement, la France compte un peu plus de trois millions de pompes à chaleur dans les logements, entreprises et bureaux. Pour atteindre le rythme d'un million d'installations annuelles, il faudrait multiplier par trois le nombre actuel d'installations. Les professionnels craignent que cet objectif soit décorrélé des réalités du terrain, comme cela a été le cas en 2023. Ils pointent notamment des problèmes de formation, de disponibilité des équipements et de coûts pour les ménages.
Le plan d'électrification du gouvernement
Le 10 avril dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé les premières mesures d'un vaste plan d'électrification. L'objectif est de doubler le soutien à l'électron pour atteindre 10 milliards d'euros par an en 2030. Ce plan s'inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone en 2050. La sortie de la dépendance aux énergies fossiles, notamment au gaz, est une priorité : plus de 10 millions de foyers sont encore abonnés au gaz, qui reste la première énergie de chauffage en France.
Les professionnels du secteur appellent à une montée en puissance progressive et à des mesures d'accompagnement renforcées pour éviter les écueils du passé. Ils soulignent que l'installation d'un million de pompes à chaleur par an nécessite des investissements massifs dans la formation des installateurs et dans la production d'équipements. Sans ces conditions, l'objectif risque de rester un vœu pieux.



