Parc photovoltaïque à La Roque-Esclapon : le projet avance malgré l'opposition
Parc photovoltaïque à La Roque-Esclapon : le projet avance

Le projet de parc photovoltaïque de 9 hectares prévu au lieu-dit le Défends du Grand Touët, à La Roque-Esclapon, poursuit son chemin. Il pourrait voir le jour sur une zone de 38,8 hectares, et suscite à la fois l'enthousiasme des élus et l'opposition de l'association Agir pour le patrimoine et la conservation du vivant (APCV).

Un projet porté par la municipalité

Présenté par Nathalie Perez, maire de La Roque-Esclapon, le projet de l'entreprise Valeco a reçu des avis favorables de la population. À l'heure où de nombreux parcs solaires émergent dans l'arrière-pays, entre les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence, les villages du Haut Var se laissent séduire par les retombées économiques. C'est le cas à La Roque-Esclapon, où tous les feux semblent au vert pour cette centrale photovoltaïque au sol.

Des retombées économiques significatives

« Nous recevons moins de dotations de fonctionnement de l'État et les charges sont toujours plus élevées. Notre marge de manœuvre pour investir se réduit », explique Nathalie Perez, dont le mandat de maire a été renouvelé en mars. En 2023, l'élue est contactée par des entreprises souhaitant étudier le potentiel du photovoltaïque sur les bâtiments publics et les terrains communaux. Après échanges avec ses collègues maires et le conseil municipal, l'offre de Valeco a été validée via un bail emphytéotique. « Elle prend en charge l'intégralité des frais. C'est important car la commune n'engage rien ! », insiste l'élue.

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Le projet s'étale sur un terrain de 38,8 hectares en sylvopastoralisme, pour une surface d'exploitation de 9 hectares et une puissance estimée à 8,9 MWc. Situé à la sortie du village en direction de Comps, il sera visible depuis la route RD 21. Un projet « complexe » qui demande de la « persévérance », et dont les travaux ne démarreraient qu'en 2030. « La centrale solaire devrait respecter l'exploitation agricole qui est notre activité principale sur la commune. À terme, les retombées économiques seront de 90 000 euros par an. Cela va nous permettre de ne pas augmenter les impôts », annonce la maire.

Une communication transparente

Nathalie Perez a misé sur la transparence auprès de ses administrés, via la presse, les réseaux sociaux et des affichages publics. « J'ai agi en amont des élections municipales car je veux que tout cela se fasse dans de bonnes conditions. Je refuse de passer en force ! lance-t-elle. Je souhaite que les gens soient le mieux informés possible et qu'ils adhèrent au projet. » Une première réunion publique s'est tenue le 18 décembre. Des représentants de l'APCV ont exprimé leur opposition, mais selon l'édile, « ils ont été offensifs mais ça a eu l'effet inverse et les Roquois ont défendu le projet à mes côtés ». Consciente des conséquences environnementales, elle affirme : « On ne peut pas nier l'impact environnemental, mais nous voulons que le projet soit le plus vertueux possible. Et puis les besoins en énergie sont croissants. Je veux consacrer mon mandat à des projets où il y a des retours sur investissement. » Après la modification du Plan local d'urbanisme (PLU) prévue en mai, restera à franchir la validation de la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS). L'exploitation du parc photovoltaïque est prévue pour 2031.

L'opposition de l'APCV

Les visions s'affrontent du côté des opposants. Présidente de l'APCV des départements 06, 04 et 83, Mélodie Lamotte D'Incamps salue d'abord l'initiative « transparente » de la maire : « Je la remercie d'avoir organisé une réunion publique car beaucoup de projets se font dans l'opacité. Néanmoins, ces centrales photovoltaïques industrielles n'ont pas leur place sur le territoire. On défigure le paysage et la nature avec des conséquences sur le futur, déplore la responsable. De mémoire, il me semble que ce projet serait situé sur une zone humide qui est à protéger. »

Les statistiques confortent sa vision : « Ces centrales se développent plus vite que la consommation. Il faut tirer la sonnette d'alarme, lâche-t-elle. Commençons par mettre des centrales photovoltaïques sur tous les parkings de la Côte d'Azur avant de couper des arbres et de les installer en pleine nature. »

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Le débat reste ouvert, entre développement économique et préservation de l'environnement.