Le patron de TotalEnergies défend une réouverture du détroit d'Ormuz malgré un éventuel péage
Patrick Pouyanné, président-directeur général du groupe français TotalEnergies, a réitéré lundi l'importance capitale d'une réouverture du détroit d'Ormuz pour la stabilité du marché pétrolier mondial. Cette déclaration intervient au premier jour d'un blocus additionnel décrété par Washington sur les ports iraniens, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient.
Une compensation jugée acceptable pour la libre circulation
Lors d'une conférence à Washington, en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, le dirigeant a affirmé : « Il est clair que la réouverture et la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, même si cela implique de verser une compensation à qui que ce soit, est cruciale pour la liberté du marché ».
Patrick Pouyanné a reconnu le caractère illégal du droit de passage imposé par Téhéran, qu'il estime à environ un dollar par baril. Cependant, il a souligné que « le vrai problème c'est la menace » pesant sur la navigation dans ce détroit stratégique, plutôt que le coût d'un éventuel péage.
Un blocus qui aggrave une situation déjà tendue
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la circulation dans le détroit d'Ormuz – par lequel transite habituellement 20% du pétrole et du gaz consommés dans le monde – est pratiquement paralysée. Seuls quelques navires, majoritairement liés à l'Iran, ont emprunté ce couloir essentiel pour les exportations d'hydrocarbures du Golfe.
Le blocus décidé par le président américain Donald Trump ajoute, selon M. Pouyanné, « une couche supplémentaire de moindre liquidité sur le marché », déjà confronté à une pénurie de barils. Cette situation explique en partie la forte hausse des cours du pétrole observée lundi.
Des réserves limitées face à une crise prolongée
Le PDG de TotalEnergies a nuancé son analyse en précisant que les pays occidentaux disposent de « plus ou moins trois mois de stocks » pouvant amortir les effets de la crise pétrolière actuelle. Une durée qui contraste avec la vulnérabilité plus immédiate des économies asiatiques.
Mais il a également mis en garde : « Si cette guerre et ce blocus durent plus de trois mois, nous commencerons à faire face à de sérieux problèmes d'approvisionnement pour certains produits comme le kérosène, ce qui obligera à rationner les avions, ou le diesel ».
Cette perspective souligne l'urgence d'une résolution des tensions dans la région pour éviter des perturbations majeures dans les chaînes d'approvisionnement énergétiques mondiales.



