Leclerc anticipe une baisse des carburants de 10 à 15 centimes, mais met en garde contre la volatilité
Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a annoncé ce vendredi 10 avril 2026 sur BFMTV/RMC une baisse progressive des prix des carburants de 10 à 15 centimes d'euros « dans la semaine ». Cette prévision intervient dans le contexte du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, qui apaise temporairement les tensions géopolitiques affectant les cours du pétrole.
Un optimisme mesuré face à des marchés instables
Le leader de la distribution alimentaire en France a toutefois tempéré son annonce en rappelant la fragilité de la situation. « Ça devrait baisser mais je ne vais pas faire la même erreur qu'il y a trois semaines où je l'ai annoncé un matin et l'après-midi ils se sont cognés dessus dans le détroit d'Ormuz, et c'est reparti à la hausse », a-t-il déclaré, soulignant la sensibilité des prix aux incidents internationaux.
Sur un éventuel retour aux niveaux de prix antérieurs au conflit au Moyen-Orient, Michel-Edouard Leclerc s'est montré catégorique : « Je ne le sens pas ça ». Il a expliqué cette prudence par la domination des marchés des matières premières par des logiques financières court-termistes, où des acteurs bancaires et financiers spéculent pour réaliser des gains rapides.
Des marges réduites pour les distributeurs
Le patron de Leclerc a également tenu à clarifier les responsabilités dans la formation des prix, insistant sur la faible marge des distributeurs. « La marge des centres Leclerc, c'est 0,4 % », a-t-il précisé, détaillant la chaîne complexe impliquant :
- Les États producteurs
- Les producteurs et raffineurs
- Les transporteurs et traders
- Les brokers
Il a regretté que peu de ces acteurs soient français, limitant ainsi l'influence locale sur les prix.
Critiques envers le gouvernement et fermeté sur les négociations
Michel-Edouard Leclerc n'a pas caché son agacement face aux interventions gouvernementales visant les distributeurs. Visant directement Serge Papin, ancien patron de Système U et ministre du Commerce, il a dénoncé des contrôles médiatisés dans les stations-service, affirmant : « On n'a pas aimé ».
Enfin, il a fermé la porte à toute réouverture des négociations commerciales avec les industriels, malgré le regain d'inflation, estimant que les marges des distributeurs ne permettent pas de concessions supplémentaires.
Cette annonce de baisse, bien que modeste, représente une éclaircie pour les consommateurs après des mois de prix records, mais elle reste conditionnée à une stabilité géopolitique précaire au Moyen-Orient.



