Les consommateurs français de gaz devront s'attendre à une hausse de leur facture à partir de 2027, en raison de l'augmentation des coûts d'entretien des infrastructures gazières. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a annoncé, le 1er juillet 2026, que le tarif d'acheminement du gaz (ATRT) augmentera de 4,5 % en moyenne pour les ménages et les petites entreprises. Cette hausse vise à financer la maintenance et la modernisation du réseau de transport et de distribution de gaz, vieillissant et nécessitant des investissements importants.
Une augmentation justifiée par la vétusté du réseau
Selon la CRE, le réseau gazier français compte plus de 200 000 kilomètres de canalisations, dont une partie a été installée il y a plus de 50 ans. L'état de ces infrastructures exige des travaux de rénovation urgents pour garantir la sécurité et la fiabilité de l'approvisionnement. Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, a déclaré : « Il est indispensable d'investir dans le réseau pour éviter des fuites et des incidents, mais aussi pour préparer l'avenir avec l'injection de gaz verts comme le biométhane. »
L'investissement total prévu sur la période 2027-2030 s'élève à 6,5 milliards d'euros, soit une augmentation de 1,2 milliard par rapport à la période précédente. Ce montant sera réparti entre les gestionnaires de réseau, principalement GRTgaz et GRDF, qui devront réaliser les travaux.
Impact sur la facture des consommateurs
Pour un ménage moyen chauffé au gaz, la hausse représente environ 15 euros par an supplémentaires sur la part d'acheminement, qui constitue environ 30 % de la facture totale. La CRE précise que cet impact reste modéré, mais qu'il s'ajoute à d'autres augmentations récentes, notamment celle du prix du gaz sur les marchés internationaux. Les associations de consommateurs, comme UFC-Que Choisir, dénoncent une « accumulation de hausses injustifiées » et réclament une meilleure transparence sur les coûts réels.
La hausse du tarif d'acheminement interviendra le 1er janvier 2027 et sera applicable à tous les consommateurs raccordés au réseau de gaz naturel. Les professionnels et les industries verront également leurs coûts augmenter, mais dans des proportions moindres, avec une hausse moyenne de 3,8 %.
Un réseau en transition vers les gaz verts
Au-delà de l'entretien, ces investissements doivent permettre d'adapter le réseau à l'arrivée de gaz renouvelables, comme le biométhane et l'hydrogène. La France vise une part de 20 % de gaz verts dans le mix gazier d'ici 2030. Pour cela, des modifications techniques sont nécessaires, notamment pour traiter la corrosion et assurer l'étanchéité des canalisations face à ces nouveaux gaz. La CRE estime que ces travaux préparatoires représentent 30 % des investissements prévus.
Les gestionnaires de réseau se félicitent de cette décision, qui leur donne une visibilité financière pour planifier les chantiers. GRDF a indiqué que plus de 1 500 kilomètres de canalisations seront remplacés chaque année à partir de 2027, contre 1 200 actuellement. Ce rythme accéléré devrait permettre de réduire les fuites de gaz, responsables d'émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre.
Réactions et perspectives
Si la CRE justifie cette hausse par des impératifs de sécurité et de transition énergétique, certains élus locaux s'inquiètent de l'impact sur le pouvoir d'achat des ménages. Le sénateur Pierre Médevielle (Haute-Garonne) a déposé une question écrite au gouvernement pour demander des mesures d'accompagnement. De son côté, le ministère de la Transition énergétique a indiqué suivre le dossier et veiller à ce que les hausses restent « maîtrisées ».
En attendant, les consommateurs sont invités à comparer les offres des fournisseurs, car la hausse de l'acheminement s'applique à tous, mais les prix de vente du gaz peuvent varier. La CRE rappelle que le tarif réglementé de vente du gaz a disparu en 2023, et que les ménages doivent être vigilants face aux offres du marché.



