Guerre en Iran : le prix du gaz européen s'envole après la fermeture du détroit d'Ormuz
Guerre en Iran : envolée des prix du gaz en Europe

L'impact immédiat de la guerre en Iran sur les marchés énergétiques

Les répercussions du conflit en Iran se font sentir sans délai sur les marchés européens. Ce lundi, le prix du gaz sur le Vieux Continent a connu une nouvelle envolée spectaculaire, directement liée aux tensions au Moyen-Orient. La fermeture du détroit d'Ormuz et la suspension de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) par la compagnie qatarie QatarEnergy ont créé un choc immédiat sur les cours.

Une hausse historique des prix du gaz

Vers 08h50 GMT (9h50 heure française), le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne incontournable, a grimpé de plus de 23%. Cette augmentation fait suite à un bond initial de plus de 33%, portant le prix à 59,445 euros le mégawattheure. Il s'agit d'un niveau jamais atteint depuis février 2023, période marquée par l'envolée des prix due à la guerre en Ukraine.

Deux facteurs déterminants : le détroit bloqué et la production gelée

La situation s'est considérablement aggravée avec deux développements majeurs. D'une part, un responsable iranien a menacé lundi de « brûler » tout navire tentant de franchir le détroit d'Ormuz. Ce goulet d'étranglement stratégique voit transiter environ 20% du pétrole et du GNL mondiaux, et sa paralysie actuelle perturbe gravement les flux énergétiques globaux.

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D'autre part, la compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy a suspendu sa production lundi suite à une attaque de drones iraniens contre les installations de deux de ses principaux sites de traitement de gaz. Cette décision est particulièrement significative pour l'Europe, où 10 à 15% des importations de gaz proviennent du Qatar.

Un contexte européen déjà fragile

Jonathan Schroer, analyste chez UniCredit, souligne que « avant même le déclenchement du conflit avec l'Iran, l'Europe était confrontée à une période de réapprovisionnement estivale particulièrement difficile ». Les stocks de gaz européens n'étaient remplis qu'à 30% fin février, contre 62% fin février 2024, selon ses observations.

L'expert ajoute que « bien que l'Europe soit moins directement exposée aux exportations de GNL qatari que la Chine et d'autres clients asiatiques », ce gel du trafic dans le détroit d'Ormuz « intensifiera la concurrence mondiale pour les flux de GNL restants ».

Les autorités françaises tentent de rassurer

Face à cette situation volatile, le ministre de l'Économie Roland Lescure et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau se sont voulus rassurants ce mardi concernant la situation économique française. Tout en affirmant suivre « de très près » les développements de la crise, ils ont cherché à apaiser les inquiétudes.

Lors d'un point presse à Bercy, Roland Lescure a reconnu que ce conflit créait des « incertitudes économiques et financières » que le gouvernement doit « suivre de très près ». Cependant, il a assuré qu'il n'y avait « aucun risque d'approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l'essence ».

« Donc ne créons pas un problème qui n'existe pas. On n'a aucune raison de se ruer aujourd'hui dans les stations-service », a-t-il martelé avec insistance.

Un dispositif de crise mis en place

Le ministre a précisé qu'un dispositif spécifique avait été activé pour faire face à cette situation exceptionnelle. Ce dispositif comprend notamment une « cellule de crise qui se réunit une fois par jour » sous sa direction à Bercy. Cette cellule a pour mission de « suivre l'évolution des marchés financiers, des indicateurs économiques et, évidemment, les marchés de l'énergie ».

Cette structure de surveillance renforcée vise à anticiper les évolutions du marché et à préparer des réponses adaptées en cas de nouvelles dégradations de la situation géopolitique au Moyen-Orient.

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