Gazole d'été autorisé en hiver : une mesure d'urgence face à la crise pétrolière
Gazole d'été autorisé en hiver : une mesure d'urgence

Gazole d'été autorisé en hiver : une mesure d'urgence face à la crise pétrolière

Face aux tensions sur l'approvisionnement liées au blocage du détroit d'Ormuz, le gouvernement autorise temporairement la vente de "gazole d'été", habituellement interdit en période hivernale. Cette décision exceptionnelle vise à augmenter les volumes disponibles sur le marché, mais elle n'est pas sans risques pour les automobilistes.

Une réponse à des difficultés exceptionnelles d'approvisionnement

Le gouvernement a pris la décision d'autoriser, à titre temporaire, la commercialisation de gazole d'été en réponse à des "difficultés exceptionnelles d'approvisionnement rencontrées dans le contexte de la guerre en Iran et du blocage du détroit d'Ormuz". Cette mesure, publiée au Journal officiel, est justifiée par des "difficultés à s'approvisionner en gazole aux spécifications de saison".

Le détroit d'Ormuz est un passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Son quasi-blocage a provoqué une flambée des cours du pétrole, avec une hausse d'environ 60 %. En France, cette situation s'est répercutée directement sur les prix à la pompe : le gazole a augmenté de près de 29 % depuis le 27 février, selon des données compilées par l'AFP.

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Qu'est-ce que le gazole d'été et pourquoi est-il normalement interdit ?

La dérogation, valable jusqu'au 31 mars, permet "à titre exceptionnel et temporaire" de "détenir en vue de la vente et à commercialiser, un gazole non conforme aux spécifications". Concrètement, il s'agit de gazole d'été, qui est moins résistant au froid que le gazole d'hiver.

Sa température limite de filtrabilité (TLF) est de 0 °C maximum, "au lieu de – 15 °C maximum" pour le gazole d'hiver. Ce carburant est donc plus susceptible de se figer lorsque les températures chutent, ce qui explique pourquoi sa commercialisation est normalement interdite en hiver, particulièrement dans les zones montagneuses où les températures peuvent descendre bien en dessous de zéro.

Objectifs gouvernementaux et risques assumés

Pour le gouvernement, cette mesure doit permettre "d'augmenter notamment de 20 % la production de gazole sans attendre le 1er avril sur le site de Rhône Énergies (à Fos-sur-Mer)", a indiqué Bercy. L'objectif est plus large : "mettre davantage d'hydrocarbures en circulation, de participer à la stabilisation du marché, mais aussi de renforcer notre souveraineté énergétique", selon le ministère de l'Économie.

Cependant, les risques sont clairement assumés. Les distributeurs devront "informer leurs clients des risques liés à l'utilisation de ce produit" lorsque les températures descendent sous 0 °C. Les automobilistes qui choisiront d'utiliser ce carburant assumeront "l'entière responsabilité de tout problème pouvant survenir", notamment des problèmes de filtrabilité et de gel du carburant dans des conditions froides.

Contexte économique et perspectives

La situation sur les marchés pétroliers reste tendue. Jeudi, le baril repartait à la hausse, avec un Brent à 108,80 dollars et un WTI à 95,09 dollars. Cette volatilité des cours continue d'exercer une pression sur les prix à la pompe en France et dans le monde entier.

Cette mesure temporaire d'autorisation du gazole d'été s'inscrit dans un contexte plus large de recherche de solutions pour atténuer l'impact de la crise pétrolière sur l'économie française et sur le pouvoir d'achat des ménages. Elle intervient alors que d'autres mesures sont attendues dans les prochains jours pour faire face à la hausse des prix des carburants.

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