Flambée des prix du kérosène : faut-il craindre des annulations de vol cet été ?
Des vols seront-ils menacés cet été en raison de la flambée des prix du kérosène ? Les aéroports allemands ont tiré la sonnette d'alarme, ce samedi 9 mai 2026. Jusqu'à 20 millions de voyageurs pourraient être affectés par des annulations de vols en Allemagne.
Dans le pire des scénarios, certains aéroports risquent de subir "une baisse de capacité de 10 %", a déclaré Ralph Beisel, directeur général de l'Association des aéroports allemands (ADV), dans une interview au journal Welt am Sonntag. "Rapporté à l'ensemble des aéroports, cela toucherait 20 millions de passagers", a-t-il expliqué.
Ce qui est à craindre
Principale raison selon l'Association des aéroports allemands : l'envolée des prix du kérosène, "qui sont depuis plus de deux mois deux fois plus élevés qu'avant la guerre" au Moyen-Orient. Et la crise devrait continuer, Ralph Beisel ayant indiqué ne pas anticiper de "retour à la normale dans les prochains mois". Selon lui, il est à craindre en particulier que "les vols opérés par les compagnies aériennes à bas coût et ceux desservant des destinations d'une moindre importance touristique" soient annulés.
Le conflit en Iran débuté fin février, qui a causé la fermeture du détroit d'Ormuz, point de passage clef des hydrocarbures dans le monde, fait craindre des pénuries de carburant cet été.
Ce que constate l'Union européenne
L'Union européenne assure ne pas constater de manque à ce stade, tout en se préparant à tous les scénarios. L'Agence de l'UE pour la sécurité aérienne (AESA) a ouvert la voie vendredi à l'utilisation du Jet A, un kérosène produit aux États-Unis mais qui n'est pas distribué en Europe actuellement pour des raisons techniques. "Même si le kérosène reste disponible, les compagnies ne pourront pas exploiter de nombreux vols de façon rentable" aux niveaux de prix actuels, a souligné Ralph Beisel.
Le premier groupe de transport aérien en Europe, Lufthansa, a drastiquement réduit ses capacités de vols en avril, avec notamment la fermeture de sa filiale régionale CityLine, se disant acculé, entre autres, par la flambée des coûts du kérosène.



