Le déclin du charbon en France face aux défis énergétiques
La centrale à charbon EDF de Cordemais, située en Loire-Atlantique, photographiée le 25 septembre 2024, symbolise la transition énergétique en cours. Le charbon, reconnu comme le combustible le plus polluant, ne représente désormais qu'une part infime de la production électrique française. En 2025, sa contribution était tombée à seulement 0,1%, soit 0,7 térawattheure, un chiffre en net recul par rapport aux 5% (26 térawattheures) encore enregistrés en 2020. Cette proportion reste bien inférieure à celle observée chez nos voisins européens, comme la Pologne (environ 50%) ou l'Allemagne (environ 20%).
Un rapport de la Cour des comptes sur l'après-charbon
Dans un rapport présenté mercredi 25 février, la Cour des comptes analyse la fin programmée du charbon en France. L'institution met en lumière les tensions persistantes « entre enjeux climatiques et enjeux de sécurité d'approvisionnement ». Malgré la diminution spectaculaire de son utilisation, la question de l'après-charbon demeure cruciale pour la stabilité du réseau électrique national.
Le report des fermetures des dernières centrales
En 2017, le gouvernement, s'appuyant sur une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron, avait inscrit dans son « plan climat » la fermeture des quatre dernières centrales à charbon pour 2022. Deux d'entre elles ont effectivement cessé leurs activités au printemps 2021 : la centrale EDF du Havre en Seine-Maritime et celle de GazelEnergie, filiale du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, à Gardanne dans les Bouches-du-Rhône.
Cependant, les deux autres sites continueront de fonctionner jusqu'en 2027. Il s'agit de la centrale EDF de Cordemais en Loire-Atlantique et de celle de GazelEnergie à Saint-Avold en Moselle. Cette décision a été prise pour garantir la sécurité d'approvisionnement lors des pics de consommation hivernale, soulignant les compromis nécessaires entre les objectifs environnementaux et les impératifs énergétiques.
Ce report illustre les défis complexes de la transition énergétique, où la réduction des émissions de carbone doit être conciliée avec la fiabilité du système électrique. La France, tout en réduisant sa dépendance au charbon, maintient ainsi une capacité de production d'appoint pour prévenir tout risque de pénurie.



