La fermeture du détroit d'Ormuz relance les craintes d'un choc pétrolier mondial
Un pétrolier naviguant dans les eaux du détroit d'Ormuz, observé depuis la ville d'Al-Jeer aux Émirats arabes unis le 25 février 2026, symbolise la tension croissante dans cette région stratégique. Avec la fermeture du détroit et les bombardements menés par Israël et les États-Unis sur l'Iran samedi 28 février, le spectre d'un choc pétrolier qui frapperait l'économie mondiale resurgit avec force.
Une flambée des prix du pétrole déjà enclenchée
Dès vendredi, avant même les frappes militaires, les cours du pétrole ont connu une hausse significative, atteignant leur plus haut niveau depuis six mois. Le baril de brent, référence européenne, s'est négocié à 73 dollars, soit environ 62 euros. Cette augmentation précoce souligne la sensibilité des marchés aux tensions géopolitiques dans le Golfe.
Selon des prévisions de l'agence Bloomberg publiées le 11 février, « les conséquences économiques d'un pétrole à plus de 100 dollars seront probablement moins importantes que lors des chocs précédents ». Cette analyse inclut les États-Unis, deuxième consommateur mondial d'énergie après la Chine. L'agence note que grâce au pétrole de schiste, les États-Unis sont passés d'importateur à exportateur, ce qui protège partiellement leur croissance d'une flambée des prix.
Des scénarios inquiétants en cas d'escalade du conflit
Les conséquences économiques dépendront toutefois de l'ampleur et de la durée du conflit. Lors des douze jours de bombardements israéliens en Iran en juin 2025, le cours du baril avait augmenté de 20% pour atteindre 79 dollars. Bloomberg envisage un scénario encore plus sombre : en cas de blocus prolongé du détroit d'Ormuz, le baril pourrait franchir le seuil des 108 dollars, contre seulement 60 dollars début janvier.
Cette perspective reste néanmoins éloignée du triplement des cours observé entre août 1973 et janvier 1974 lors du premier choc pétrolier. La diversification des sources d'approvisionnement et l'évolution des économies mondiales atténuent potentiellement l'impact, mais la situation demeure extrêmement volatile.
La fermeture du détroit d'Ormuz, par où transite environ 20% du pétrole mondial, constitue une menace directe pour la stabilité énergétique globale. Les manifestations en Iran suite à la mort d'Ali Khamenei et les opérations militaires en cours ajoutent à l'incertitude, faisant peser un risque majeur sur les marchés internationaux.



