Une crise énergétique plus profonde que celle de 2022 menace l'Europe
Et si la crise énergétique actuelle dépassait en intensité celle qui a frappé l'Europe en 2022, suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie ? Alors que le conflit en Iran s'éternise, ce scénario alarmant commence à se concrétiser. Selon l'expert brésilien Felipe Germini, qui a passé près de vingt ans chez Schlumberger, l'Europe doit se préparer à entrer dans une nouvelle ère où les importations d'énergie à bas coût seront révolues. Cette situation pourrait enfin la pousser à réduire sa dépendance coûteuse aux énergies fossiles.
Une situation gazière plus grave que prévu
Dans un entretien avec L'Express, Felipe Germini a été interrogé sur la gravité de la situation gazière en Europe. Sa réponse est sans équivoque : « Oui. Il faut être familier avec les chiffres et les réalités physiques du marché pour prendre la mesure de la crise actuelle. » Il a ensuite détaillé des ordres de grandeur préoccupants.
Les stocks de gaz de l'Union européenne se situent actuellement à environ 30 % de leur capacité totale. L'Allemagne et la France affichent des niveaux encore plus bas, autour de 20 %. Ces chiffres représentent le niveau saisonnier le plus faible depuis 2022 et sont bien inférieurs à la moyenne des dix dernières années. Cette situation constitue déjà un problème majeur en soi.
Un événement structurellement dangereux
Mais ce qui rend la crise particulièrement alarmante, selon Germini, c'est un événement survenu le 2 mars. Des frappes de drones iraniens ont touché les installations de Ras Laffan et Mesaieed, appartenant à Qatar Energy. Cet incident souligne la vulnérabilité des infrastructures énergétiques mondiales et aggrave les tensions sur les marchés.
L'expert insiste sur le fait que l'Europe doit urgemment :
- Diversifier ses sources d'approvisionnement pour réduire les risques géopolitiques.
- Accélérer la transition vers les énergies renouvelables afin de diminuer la dépendance aux combustibles fossiles.
- Investir dans le stockage et l'efficacité énergétique pour renforcer la résilience du système.
Cette crise pourrait ainsi servir de catalyseur pour une transformation profonde du paysage énergétique européen, marquant la fin d'une ère de dépendance aux énergies bon marché.



