Crise énergétique mondiale : les États déploient des mesures d'urgence face à la flambée des prix
Face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, dont la durée reste incertaine, de nombreux États ont rapidement mis en place des mesures pour limiter les effets des difficultés d'approvisionnement et de l'envolée des cours de l'énergie. Les gouvernements explorent diverses stratégies, allant de la baisse des taxes et des subventions à l'assouplissement des normes environnementales, en passant par la promotion de la sobriété énergétique.
Baisse des taxes et subventions pour soutenir les secteurs vulnérables
Plusieurs pays ont décidé de mettre la main au portefeuille pour contrecarrer la flambée des prix des carburants et du gaz. En France, le gouvernement a annoncé un plan d'aide de près de 70 millions d'euros, ciblé et limité au mois d'avril, pour les secteurs les plus touchés comme la pêche, l'agriculture ou les transports. Cependant, l'exécutif n'envisage pas de baisser les taxes sur les carburants, qui représentent 50 à 55 % du prix à la pompe.
L'Inde a réduit les taxes sur l'essence et le diesel destinés à la consommation intérieure de 10 roupies par litre, tout en instaurant des taxes sur le diesel et le kérosène à l'exportation pour assurer une meilleure disponibilité domestique. La Pologne prévoit de réduire la TVA et d'introduire un prix maximum sur les carburants. En Grèce, quatre subventions ciblées d'un montant total de 300 millions d'euros sur les carburants automobile et maritime, le gazole et les engrais seront introduites en avril et mai.
Le Parlement espagnol a approuvé 80 mesures pour un total de 5 milliards d'euros, incluant une TVA réduite à 10 % sur le gaz et les carburants. À Chypre, un plan de soutien aux ménages et entreprises de 200 millions d'euros a été dévoilé.
Recours à d'autres sources d'énergie et assouplissement des normes
Augmenter le recours à d'autres sources d'énergie est une autre forme d'intervention. Le Japon s'apprête à assouplir temporairement ses restrictions sur les centrales à charbon, autorisant l'exploitation à pleine capacité de centrales plus anciennes et moins efficaces, en raison de l'incertitude concernant les achats de gaz naturel liquéfié.
En France, le gouvernement a autorisé, jusqu'au 31 mars, la commercialisation de gazole moins résistant au froid, habituellement considéré comme non conforme. Le gouvernement britannique a annoncé la remise en service temporaire d'une usine de dioxyde de carbone à Wilton, soutenue par environ 100 millions de livres, pour maintenir un approvisionnement critique.
Singapour a repoussé de plusieurs mois la mise en place d'une nouvelle taxe sur les carburants d'aviation d'origine non fossile. Les États-Unis ont accordé une dérogation temporaire permettant la vente d'essence de type E15 durant l'été, malgré son impact accru sur la pollution de l'air.
Réduction des déplacements et promotion du télétravail
Certains États misent sur des changements d'organisation du travail et des gestes de consommation. Au Sri Lanka, en plus d'avoir augmenté les prix des carburants et rationné leur distribution, les autorités ont décrété la semaine de travail de quatre jours dans la fonction publique et ordonné l'extinction de l'éclairage public la nuit.
En Thaïlande, la climatisation des bâtiments publics est désormais limitée à 26 °C. Plusieurs pays incitent au télétravail, suivant les recommandations de l'Agence internationale de l'énergie pour assurer la sécurité de l'approvisionnement en énergie.
Ces mesures illustrent la diversité des réponses face à la crise énergétique, alliant soutien économique, adaptations techniques et changements comportementaux pour atténuer les impacts sur les populations et les économies.



