Carburants : Roland Lescure rassure sur l'approvisionnement malgré le choc des prix
Le ministre de l'économie, Roland Lescure, a affirmé qu'il n'existait pas de risque d'approvisionnement des carburants à court terme, en dépit du choc provoqué par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l'énergie. Dans un entretien au Parisien publié vendredi, il a souligné : « Nous faisons face à un choc externe. Il faut garder notre sang-froid et rester agile, car la situation change tous les jours, à la fois [en Iran] et ici. »
Hausse des prix et contrôles renforcés
Sur une semaine, la hausse est de 5 à 15 centimes d'euro sur le SP95 et de 15 à 20 centimes sur le gazole, a détaillé M. Lescure. Il a rappelé avoir réclamé des contrôles quotidiens et annoncé, jeudi, avoir demandé à la DGCCRF de s'assurer que les hausses des prix des carburants étaient raisonnables compte tenu de la hausse du prix du baril de pétrole. « Si certaines [stations-service] profitent de la situation, elles doivent être ramenées dans le rang », a-t-il affirmé, constatant que des prix beaucoup plus élevés, par rapport à la hausse des cours du pétrole, étaient pratiqués par une part marginale des distributeurs.
Évolution des cours du pétrole
Vendredi matin, les prix du pétrole étaient en léger repli : vers 7 h 30, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédait 0,57 %, à 84,92 dollars, après avoir grimpé de 4,93 % jeudi. Celui du WTI nord-américain se repliait de 0,85 % à 80,34 dollars ; il avait flambé jeudi, augmentant de 8,51 %.
Menace de "name and shame" contre les abus
« Si les [abus] sont confirmés, on procédera sans sourciller au “name and shame” », a assuré le ministre de l'économie, en référence à la pratique consistant à rendre public le nom des entreprises non vertueuses. Cette mesure vise à dissuader les comportements abusifs dans un contexte de volatilité des prix.
Réaction du syndicat Mobilians
Le président du syndicat professionnel Mobilians, Francis Pousse, a déclaré n'avoir « pas peur des contrôles » concernant les prix des carburants. « La plupart de mes adhérents sont tout à fait vertueux », a-t-il affirmé sur RMC. Il a ajouté : « Le contrôle des marges est possible, mais je tiens quand même à rappeler que le carburant bénéficie d'une liberté des prix au même titre que la baguette de pain. » M. Pousse a également souligné que les indépendants devaient faire face à la concurrence accrue des discounters de carburants, rappelant qu'en France, les grandes surfaces représentent 63 % de parts de marché.
En résumé, malgré les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le gouvernement français maintient sa vigilance sur les prix des carburants tout en assurant la stabilité de l'approvisionnement. Les contrôles renforcés et la menace de sanctions publiques visent à préserver la transparence et l'équité pour les consommateurs.



