BCE : Frank Elderson alerte sur l'urgence de la transition énergétique en Europe
Dans une note de blog publiée mardi, Frank Elderson, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) et vice-président de son Conseil de surveillance, a lancé un avertissement sans équivoque : « Faire la transition maintenant ou payer cher plus tard ». Pour lui, il est plus que temps de réduire drastiquement la dépendance de l'Europe aux importations d'énergies fossiles.
Une dépendance énergétique qui complique la stabilité des prix
Frank Elderson déplore que « la dépendance énergétique de l'Europe complique de plus en plus la tâche consistant à maintenir la stabilité des prix ». Il insiste sur la nécessité pour le Vieux continent de diminuer la dépendance aux combustibles fossiles importés et d'accélérer une transition ordonnée vers des énergies propres produites localement.
Selon ses analyses, « atteindre les objectifs du continent en matière d'énergie propre affaiblirait le lien entre la volatilité des marchés mondiaux et les prix intérieurs ». Ce constat intervient dans un contexte où l'inflation dans la zone euro a grimpé à 2,5 % sur un an en mars, atteignant son plus haut niveau depuis janvier 2025. Cette hausse est principalement attribuée à l'envolée des prix de l'énergie, elle-même liée à la guerre au Moyen-Orient.
Face à cette flambée, la BCE, basée à Francfort, a revu en mars à la hausse sa prévision d'inflation pour 2026, la portant à 2,6 % contre 1,9 % précédemment. Cette révision souligne l'impact direct des tensions géopolitiques sur l'économie européenne.
Un investissement considérable mais une vision à long terme indispensable
L'investissement nécessaire pour opérer cette transition est colossal. La Commission européenne l'estime à 660 milliards d'euros par an d'ici à 2030. Cependant, Frank Elderson met en garde : « se concentrer uniquement sur ces coûts est profondément trompeur ».
Il souligne que « investir dans une énergie propre et durable remplace les dépenses substantielles consacrées aux combustibles fossiles ». Pour le banquier central, la question n'est plus de savoir si l'Europe peut se permettre cette transition, mais si elle peut se permettre de ne pas la faire.
Cette approche stratégique vise non seulement à sécuriser l'approvisionnement énergétique, mais aussi à créer une résilience économique face aux chocs externes. La production locale d'énergies renouvelables apparaît ainsi comme un pilier essentiel pour la stabilité future de l'Union européenne.



