Les attaques iraniennes font flamber les cours du pétrole au Moyen-Orient
Les cours du pétrole ont connu une flambée spectaculaire mardi 17 mars, avec des hausses dépassant les 5%, au lendemain d'une chute significative. Cette volatilité extrême s'explique par la recrudescence des attaques iraniennes contre des infrastructures énergétiques stratégiques au Moyen-Orient, qui ravivent les inquiétudes sur les perturbations de l'offre mondiale de brut.
Une hausse brutale des cours en Asie
Dès l'ouverture des marchés asiatiques vers 6h30 GMT, les indicateurs pétroliers ont affiché des hausses impressionnantes :
- Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a gagné 5,14% à 98,31 dollars, après avoir chuté de 5,28% la veille.
- Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, a rebondi de 4,58% à 104,80 dollars, suivant une baisse de 2,84% lundi.
En fin de séance asiatique, le marché s'est véritablement emballé, avec une nouvelle flambée des cours directement liée aux attaques récentes.
Des infrastructures stratégiques ciblées aux Émirats arabes unis
La zone industrielle pétrolière de Fujaïrah, située sur la côte est des Émirats arabes unis, a été visée mardi par une nouvelle attaque de drones qui a provoqué un incendie important selon les autorités locales. Cette installation cruciale, positionnée au-delà du détroit d'Ormuz, avait déjà subi une attaque similaire la veille.
Ces frappes répétées ont contraint la compagnie pétrolière nationale Adnoc à suspendre ses chargements de brut sur le site, comme l'a confirmé une source proche à l'AFP. Cette situation perturbe significativement les opérations d'exportation dans une région déjà sous tension.
Un contexte géopolitique extrêmement tendu
Ces attaques surviennent alors que la guerre dans la région entre dans sa troisième semaine et que la circulation maritime reste quasi-paralysée dans le stratégique détroit d'Ormuz, voie cruciale pour le transport pétrolier mondial. Le président américain Donald Trump a réitéré son appel aux pays dépendants du pétrole du Golfe pour sécuriser ce passage maritime, tout en menaçant d'étendre les frappes sur l'île iranienne de Kharg, où se trouvent des infrastructures pétrolières vitales pour les exportations de Téhéran.
Les réponses internationales face à la crise
Face à cette situation préoccupante, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) s'est déclarée prête à débloquer davantage ses réserves stratégiques d'or noir « si nécessaire ». Cette annonce fait suite à la décision prise mercredi précédent de libérer 400 millions de barils, alors que le Japon a déjà ouvert ses propres stocks stratégiques.
Malgré ces mesures, l'incertitude persiste sur les marchés. Comme l'explique Rebecca Babin de CIBC Private Wealth Group LLC : « Ce n'est pas un marché concentré sur une seule nouvelle. C'est un marché où se jouent simultanément une centaine de nouvelles, qui tente frénétiquement de déterminer quel volume d'approvisionnement est absent du marché, et pour combien de temps. »
Des perspectives énergétiques assombries
Ces attaques répétées contre des infrastructures pétrolières stratégiques assombrissent considérablement les perspectives sur l'approvisionnement énergétique mondial. Alors que la demande reste soutenue, les perturbations dans la production et le transport du brut du Moyen-Orient pourraient avoir des conséquences durables sur les prix et la sécurité énergétique de nombreux pays.



