L'Urssaf alerte sur la hausse du travail dissimulé et la complexité du recouvrement
Urssaf : hausse du travail dissimulé, recouvrement difficile

L'Urssaf constate une augmentation alarmante du travail dissimulé en France

L'Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d'allocations familiales (Urssaf) a rendu public, ce vendredi, son bilan annuel de la lutte contre la fraude. Les chiffres révèlent une progression inquiétante des situations de travail au noir, avec une hausse des verbalisations de 25 % sur les deux dernières années. Cette augmentation s'explique notamment par une intensification des contrôles ciblés, qui ont été renforcés de 13 % en 2025 par rapport à l'année précédente.

Des redressements records mais un recouvrement problématique

Pour la deuxième année consécutive, l'Urssaf dépasse le seuil symbolique de 1,5 milliard d'euros de redressements. En 2025, le montant s'élève précisément à 1,503 milliard d'euros de cotisations et contributions sociales identifiées comme frauduleuses. Bien que légèrement inférieur au record de 2024 (1,586 milliard), ce chiffre reste nettement supérieur aux années 2018-2022, où les redressements oscillaient entre 600 et 800 millions d'euros annuels.

Damien Ientile, directeur de l'Urssaf-Caisse nationale, s'est félicité de ces « résultats records » lors d'une conférence de presse. Cependant, il a immédiatement tempéré cet optimisme en soulignant les difficultés persistantes du recouvrement. « Le montant des sommes recouvrées en 2025 s'élève à près de 150 millions d'euros », a-t-il précisé, dont environ 100 millions liés à la lutte contre le travail dissimulé et 50 millions aux régularisations des autoentrepreneurs.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les secteurs les plus touchés et l'évolution des fraudes

Comme les années précédentes, trois secteurs d'activité concentrent l'essentiel des redressements : le Bâtiment et Travaux Publics (BTP), les services aux entreprises et le commerce. Ces domaines restent particulièrement vulnérables aux pratiques de travail non déclaré.

L'Urssaf met également en garde contre l'émergence de fraudes de plus en plus sophistiquées, notamment liées à la digitalisation. L'usurpation d'identité, la création de faux comptes et les montages dématérialisés compliquent considérablement le travail des enquêteurs. Damien Ientile a expliqué que le recouvrement est « difficile parce qu'il y a des entreprises qui sont faites uniquement pour frauder et qui disparaissent dès que vous les identifiez, elles font disparaître le patrimoine, les actifs ».

Un projet de loi pour renforcer la lutte contre la fraude

Dans ce contexte, un projet de loi sur la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, déjà adopté par le Sénat, doit être examiné à l'Assemblée nationale à partir de mardi. Ce texte prévoit de nouveaux moyens de détection ainsi que des sanctions et obligations renforcées pour les entreprises et les bénéficiaires d'allocations.

Parmi les mesures phares, Damien Ientile a cité la création de la flagrance sociale. Cette disposition permettra aux équipes de contrôle de l'Urssaf de procéder à des saisies conservatoires d'actifs dès la détection de travail dissimulé. Une fois gelés, ces actifs pourront faire l'objet d'un recouvrement plus efficace, répondant ainsi à l'une des principales difficultés actuelles.

Cette évolution législative apparaît comme une réponse nécessaire face à la complexification des fraudes et aux défis persistants du recouvrement, alors que l'Urssaf continue d'intensifier ses contrôles dans un paysage économique en mutation.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale