Titres-restaurant 2025 : la date de péremption est passée
Les titres-restaurant émis pour l'année 2025 sont officiellement périmés. La date limite pour leur utilisation était fixée au 28 février dernier. Les soldes non dépensés seront partiellement reversés aux comités sociaux et économiques (CSE) des entreprises concernées.
Un système qui exclut de nombreuses professions
Ce dispositif laisse pourtant de côté de nombreux travailleurs aux revenus modestes. Les chauffeurs VTC, les policiers, les agriculteurs, les travailleurs à domicile ou encore les livreurs de plateformes comme Deliveroo n'en bénéficient pas. Pourtant, leur situation financière n'est pas toujours aisée.
Historique d'un avantage social
Le système des titres-restaurant trouve ses origines dans la première loi sur la restauration d'entreprise de 1913. À l'époque, la question de l'équité n'était pas au cœur des préoccupations. En 1960, une nouvelle réglementation imposait la création d'un réfectoire lorsque au moins 25 salariés en faisaient la demande.
C'est en 1967 que le système actuel a été créé, avec un cofinancement par les employeurs et les salariés de ces « bons repas ». L'objectif initial était de permettre aux entreprises de fournir un lieu salubre pour le repas du personnel à l'extérieur de l'établissement, pour ceux qui ne disposaient pas de local approprié.
L'ordonnance de 1967 libérait ainsi les employeurs de l'obligation d'avoir un espace de restauration dès lors qu'ils fournissaient les fameux « tickets resto ». Dès son origine, le titre-restaurant n'est donc pas un droit, mais un avantage social laissé à la discrétion de l'employeur.
Des exclusions persistantes
Cette discrétion explique certaines exclusions notables. « Le ministère de l'intérieur n'attribue pas de titre-restaurant », confirme un porte-parole de la Commission nationale des titres-restaurant (CNTR). Les plateformes comme Deliveroo et Uber Eats utilisent le système, mais leurs livreurs indépendants n'en perçoivent pas.
Au total, seuls 5,5 millions de travailleurs bénéficient de cet avantage : des salariés du secteur privé depuis 1967 et des agents de la fonction publique, sous certaines conditions depuis 2001.
Évolution vers un complément de rémunération
Qu'il s'appelle Chèque de table, Chèque déjeuner, Ticket Restaurant ou Pass Restaurant, l'usage de ce dispositif a considérablement évolué ces dernières années. Depuis les fortes variations de l'inflation après la pandémie de Covid-19, les salariés du privé comme du public utilisent régulièrement leurs « tickets resto » pour payer leurs courses alimentaires.
Cette dérogation a été instaurée en mesure d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat en 2022 et a été prorogée jusqu'à fin 2026. Le titre de restauration pour le repas du jour est ainsi devenu un complément de rémunération pour 40 % des travailleurs qui en bénéficient.
Changement des habitudes de consommation
« Aujourd'hui, l'usage est de 70 % en restauration et 30 % en distribution », assure Ilan Ouanounou, directeur général d'Edenred France. Cette répartition témoigne de la transformation profonde d'un système initialement conçu pour le repas du midi en outil de soutien au pouvoir d'achat.
Le système des titres-restaurant, bien qu'utile pour ceux qui en bénéficient, continue donc de reposer sur des inégalités structurelles. Alors que les titres 2025 viennent de périmer, la question de l'extension de ce dispositif à davantage de travailleurs reste posée.



