Les huit confédérations syndicales appellent au rejet de la loi sur le travail le 1er mai
Syndicats contre la loi sur le travail le 1er mai

Les syndicats unis contre la remise en cause du 1er mai

Dans une lettre rendue publique mardi, l'ensemble des huit confédérations syndicales françaises ont lancé un appel pressant aux députés. Elles les exhortent à rejeter une proposition de loi portée par le groupe Renaissance, qui vise à autoriser certains commerces et lieux culturels à faire travailler leurs salariés le 1er mai. Cette initiative législative, déjà votée par le Sénat à la fin du mois de juillet dernier avec le soutien du gouvernement, sera reprise par les députés Renaissance lors de leur niche parlementaire prévue le 10 avril.

Une brèche dans un principe sacré

Les organisations syndicales, à savoir la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l'Unsa, Solidaires et la FSU, dénoncent fermement ce texte. Elles y voient une remise en cause du 1er mai, seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré en France, une journée chargée de symbolique pour les travailleurs tant au niveau national qu'international. Dans leur courrier, elles soulignent que "l'ouverture d'une dérogation au principe du repos rémunéré le 1er mai constitue une première brèche", mettant en péril l'exceptionnalité de cette date.

Les leçons de l'histoire sociale

Les syndicats mettent en garde contre un effet domino. Ils rappellent que "l'histoire sociale nous montre qu'à chaque fois qu'un principe est entamé, les dérogations s'étendent progressivement jusqu'à devenir la règle". Pour illustrer leur propos, ils citent l'exemple du travail du dimanche : une fois généralisé, les majorations de salaire associées ont fini par disparaître. Concernant la notion de "volontariat" évoquée par les promoteurs de la loi pour rassurer, les syndicats estiment qu'elle est illusoire. Ils pointent du doigt le lien de subordination inhérent au contrat de travail, particulièrement prégnant dans les petites entreprises où la pression peut être forte.

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Origines et contexte de la proposition

Cette proposition de loi trouve son origine dans des événements survenus à la fin du mois d'avril 2025. À cette époque, certains boulangers avaient protesté contre des contrôles inédits menés par l'Inspection du travail. Ces artisans, bien qu'autorisés à travailler eux-mêmes le 1er mai, avaient été sanctionnés pour avoir fait travailler leurs salariés ce jour-là. Le groupe des députés Renaissance, dirigé par Gabriel Attal, a annoncé son intention de faire adopter et appliquer cette loi avant le 1er mai 2026. Un premier passage à l'Assemblée nationale le 22 janvier n'avait pas abouti, faute de temps, mais la bataille parlementaire est relancée.

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