Surendettement en Lozère : une hausse inquiétante des dossiers en 2025
La commission surendettement du département de la Lozère a dévoilé ce jeudi 26 février 2026 les chiffres clés de l'année 2025, confirmant une tendance à la hausse amorcée en 2024. Les données présentées lors de la séance plénière mettent en lumière une situation économique préoccupante pour de nombreux ménages lozériens.
Une augmentation significative des dépôts de dossiers
Xavier Aubry, directeur départemental de la Banque de France, a annoncé une progression de plus de 30% des dépôts de dossiers de surendettement sur l'année 2025. "Sur deux ans, l'augmentation atteint même 74%", précise-t-il. Concrètement, cela représente 108 dossiers déposés en Lozère sur l'année.
Si ce chiffre peut paraître modeste comparé à d'autres territoires – "c'est le nombre de dossiers déposés en quinze jours à Carcassonne par exemple" –, il dépasse néanmoins le niveau de 2019, année pré-Covid où 100 dossiers avaient été enregistrés.
Un profil des déposants qui évolue
Le portrait type des personnes en situation de surendettement se diversifie. "Aujourd'hui, on a plus de mal à établir un profil type, les caractéristiques sont plus variées", constate Xavier Aubry. La répartition est équilibrée entre femmes et hommes (50% chacun), tandis que 56% des déposants sont des actifs et 44% des inactifs.
La tranche d'âge la plus touchée se situe entre 35 et 54 ans (44% des cas). La grande majorité des dossiers (84%) émanent de locataires. Les ressources moyennes des ménages concernés sont légèrement supérieures à celles de 2024, une hausse principalement attribuée à l'inflation.
Des dettes et des indicateurs spécifiques au département
Un point positif ressort des données : 718 000 euros de dettes ont été effacés, soit 29,4% du total des dettes traitées (2,8 millions d'euros). Le ratio de dossiers pour 100 000 habitants reste inférieur aux moyennes nationale et régionale : 164 en Lozère contre 267 au niveau national et 262 en région Occitanie.
Les dettes à la consommation représentent environ 35% des dettes globales, une proportion légèrement inférieure aux moyennes de référence. "Nos dossiers concernent davantage les autres dettes : des cautions personnelles, des prêts intrafamiliaux, etc.", nuance le directeur départemental.
Le poids écrasant du coût de l'énergie
Dominique Prévot, directeur général de l'Union départementale des associations familiales (Udaf), alerte sur un facteur spécifique à la Lozère : "La part que prend le coût de l'énergie dans le budget du ménage est la plus importante d'Occitanie". Cette situation contraint les familles à des choix dramatiques : "Les familles se retrouvent à choisir entre se chauffer ou manger".
Il pointe du doigt la nécessité de rénover le parc de logements. Gilles Quénéhervé, préfet de la Lozère et président de la commission, confirme que des travaux sont en cours sur cette question et espère des améliorations en 2026.
Des conseils et des aides disponibles
Face à cette précarité grandissante, les autorités rappellent l'existence de services d'accompagnement. "N'attendez pas de vous retrouver dans la commission d'expulsion ou d'avoir à déposer un dossier de surendettement", conseille Dominique Prévot.
Il encourage les ménages en difficulté à contacter l'Udaf ou l'Adil (Association départementale d'information sur le logement) pour bénéficier d'un conseil économique social et familial, "anonyme et gratuit". Xavier Aubry renchérit : "Nous sommes tous bienveillants, il ne faut pas hésiter à venir nous voir pour poser des questions, même à la Banque de France. C'est totalement confidentiel".
Ces structures peuvent aider à équilibrer un budget, identifier les priorités et accéder à des aides existantes, offrant un filet de sécurité essentiel dans un contexte économique tendu.



