Proches aidants : un enjeu majeur pour l'emploi d'ici 2030
Blanche Le Bihan, enseignante-chercheuse à l'École des hautes études en santé publique, à Rennes, le 2 mars 2026, souligne un défi sociétal pressant. D'ici à 2030, les projections indiquent qu'un salarié sur quatre sera proche aidant, accompagnant une personne âgée en perte d'autonomie ou un proche dépendant.
L'attachement des aidants à leur activité professionnelle
Blanche Le Bihan, qui a consacré une large partie de ses travaux à l'analyse des politiques destinées aux personnes âgées et aux aidants, insiste sur la nécessité de maintenir ces derniers dans leur emploi. Les études qualitatives menées en France et dans d'autres pays européens révèlent que les aidants sont extrêmement attachés à leur travail. Pour la majorité d'entre eux, l'emploi constitue un élément essentiel de leur équilibre de vie, offrant une stabilité financière et un ancrage social.
La flexibilité, une solution incontournable pour les employeurs
Face à cette réalité croissante, la chercheuse invite les employeurs à développer des dispositifs aussi flexibles que possible. Il est crucial d'adapter les conditions de travail pour permettre aux proches aidants de concilier leurs responsabilités professionnelles et familiales. Cela pourrait inclure des aménagements d'horaires, du télétravail, ou des congés spécifiques, afin de prévenir l'épuisement et le décrochage professionnel.
Les politiques publiques doivent également évoluer pour soutenir cette transition, en encourageant des mesures qui favorisent l'inclusion et le bien-être au travail. Sans une action concertée, le risque est de voir augmenter les situations de précarité et de stress parmi les aidants, avec des répercussions négatives sur l'économie et la cohésion sociale.



