Licenciements contestés aux Papeteries de Condat : une audience prud'homale à Périgueux
Licenciements contestés aux Papeteries de Condat à Périgueux

Une audience prud'homale cruciale pour les anciens salariés des Papeteries de Condat

Ce mardi 24 février, une audience prud'homale s'est tenue à Périgueux, rassemblant d'anciens salariés licenciés dans le cadre du plan social de 2023 des Papeteries de Condat. Cette audience intervient alors que le tribunal de commerce de Bordeaux doit statuer sur l'identité du repreneur de l'entreprise, actuellement en redressement judiciaire.

Des retrouvailles empreintes d'émotion sur un trottoir de Périgueux

Une vingtaine de minutes avant l'audience, une quinzaine d'anciens employés se sont réunis sur un coin de trottoir de Périgueux. Parmi eux se trouvait Jacques, qui a consacré un quart de siècle à travailler sur une des coucheuses des papeteries situées au Lardin-Saint-Lazare en Dordogne.

"J'ai essayé de postuler dans une papeterie de Gironde mais on ne m'a jamais répondu", confie l'ancien ouvrier. "J'ai bougé dans le Lot, puis dans le Tarn, où j'ai finalement trouvé un emploi dans un groupe alimentaire." Comme quatorze de ses anciens collègues, Jacques a décidé de contester les conditions de son licenciement intervenu en décembre 2023.

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La notion de "légèreté blâmable" au cœur des débats

Maître Pierre Burucoa, l'avocat des salariés licenciés, a évoqué devant le conseil de prud'hommes le concept de "légèreté blâmable". "Les députés ont expliqué que les papeteries de Condat avaient été sacrifiées au profit des autres usines du groupe Lecta, en Espagne et en Italie", a-t-il affirmé.

Cet argument a été vivement contesté par Maître Jean-Baptiste Tran-Minh, défenseur de la société Condat : "Il ne s'agit que de spéculations. La descente aux enfers des papeteries est constante." Maître Natacha Mayaud, représentant les intérêts de l'AGS CGEA, a appuyé ces propos.

Les critères de licenciement remis en question

Le débat s'est principalement concentré sur deux aspects essentiels des plans de sauvegarde de l'emploi :

  • Les catégories d'emploi concernées par les licenciements
  • Les critères d'ordre retenus pour sélectionner les salariés à licencier

Les requérants estiment que le critère des qualités professionnelles a été "surpondéré" au détriment d'autres éléments comme les charges de famille ou l'ancienneté dans l'entreprise. "Les licenciements se sont faits à la gueule du client", a dénoncé Maître Burucoa.

Un délibéré reporté à octobre 2024

Après près de deux heures d'échanges parfois tendus, l'affaire a été mise en délibéré au 24 octobre 2024. Ce délai a provoqué des réactions mitigées parmi les anciens salariés présents, qui ont quitté l'audience avec un sentiment d'amertume.

D'ici cette date, l'avenir des Papeteries de Condat pourrait connaître de nouveaux développements, alors que l'entreprise emploie toujours près de 200 personnes et qu'un autre plan social pourrait être envisagé.

Cette audience prud'homale illustre les difficultés rencontrées par les travailleurs de l'industrie papetière en Dordogne, secteur confronté à d'importantes restructurations et à une concurrence internationale accrue.

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