Grève à l'Ehpad La Tour du Pin : les soignants dénoncent des conditions de travail dégradées
Grève à l'Ehpad La Tour du Pin : conditions de travail dégradées

Grève à l'Ehpad La Tour du Pin : les soignants tirent la sonnette d'alarme

Jeudi 19 février, dès 10 heures, une trentaine de salariés soignants de l'Établissement pour personnes âgées dépendantes La Tour du Pin, situé à Saint-André-de-Cubzac, ont suspendu leur travail pendant deux heures. Ils ont manifesté devant l'entrée de l'Ehpad pour protester contre les récentes décisions de la direction et dénoncer des conditions de travail qu'ils estiment « dégradées ».

Un mouvement décidé en assemblée générale

Cette grève a été votée lors d'une Assemblée générale du personnel organisée jeudi 12 février par le syndicat CGT de l'établissement. Une quarantaine d'agents y ont participé, selon une déléguée du personnel qui a souhaité conserver l'anonymat. Parmi les principales revendications figure la politique d'autoremplacement systématique.

« Les soignants, notamment le week-end, sont rappelés sur leurs jours de repos pour faire face à un absentéisme important, entraînant un épuisement des agents en poste », explique-t-elle. La sonnette d'alarme avait déjà été tirée lors du Comité social d'établissement d'octobre 2025. Les salariés demandent le respect du protocole de temps de travail, qui prévoit initialement un remplacement des agents au bout de 72 heures d'absence.

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Des soins en mode dégradé

Les grévistes soulignent que les soignants « travaillent en mode dégradé de façon récurrente car ils sont en sous-effectif ». Ce manque de moyens humains impacte directement la qualité des soins. L'effectif total de l'Ehpad est passé de 187 agents au 1er janvier 2022 à 155 agents au 1er janvier dernier.

« Nous dénonçons aussi le manque de matériel — notamment sur les tensiomètres, thermomètres — et sa vétusté », ajoute la déléguée du personnel. Autre revendication majeure : la modification de la redistribution de la prime de service. « Bien que les agents soient au plus près des résidents et donc exposés aux risques infectieux, la direction, de manière autoritaire, a imposé que la deuxième partie de la prime de service ne soit pas perçue par les agents dès le troisième jour d'absence ».

La direction reconnaît les difficultés

Une délégation du personnel a été reçue dans la matinée par Céline Rantien, la directrice de l'établissement. « À la suite du préavis de grève déposé, j'ai adressé le 13 février un courrier aux représentants du personnel afin de répondre à leurs protestations. Je suis pleinement consciente des difficultés et du manque de moyens, auxquels je m'efforce de faire face au mieux, dans la limite des budgets qui me sont alloués », a-t-elle déclaré.

Concrètement, des mesures ont été annoncées :

  • Les plannings des soignants et des infirmiers pour le mois de mars ont été révisés pour mieux répondre aux attentes des salariés.
  • Un recensement des problèmes de matériel doit être lancé.
  • Le protocole d'accord sur le temps de travail, applicable au 1er janvier 2026, est suspendu et sera revu.

Dans un courrier adressé au syndicat, la directrice a exprimé son souhait de « compter sur la qualité des échanges pour transformer ces points de revendication en axes d'amélioration partagés dans l'intérêt général de l'établissement ». Cette grève met en lumière les tensions persistantes dans le secteur des Ehpad, où les conditions de travail des soignants restent un enjeu crucial pour la qualité des soins aux personnes âgées dépendantes.

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