Grève à la Polyclinique Bordeaux Nord : les salariés en colère face à la dégradation de leurs conditions de travail
Ce lundi 20 avril, une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel à la grève lancé par la CGT à la polyclinique Bordeaux Nord, vaisseau-amiral du groupe Bordeaux Nord Aquitaine (GBNA) santé. Le mouvement de protestation se poursuit ce mardi avec des actions prévues sur les boulevards, incluant un tractage et une collecte solidaire. La direction de l'établissement n'a pas souhaité répondre aux sollicitations des médias.
Une mobilisation persistante face à des promesses non tenues
Les salariés, toujours mobilisés, expriment leur frustration après des mois d'alertes infructueuses. « Tous les mois depuis un an qu'elle est en place, on alerte la nouvelle direction. On nous promet des changements, mais rien ne change… », déplorent-ils. Le groupe GBNA santé emploie 4 200 professionnels de santé répartis dans une douzaine d'établissements de l'agglomération bordelaise, en Gironde, Béarn, Dordogne et Charente.
Selon les grévistes, le bâtiment Capnova, qui regroupe notamment la chirurgie ambulatoire, a été le plus mobilisé lors de cette journée d'action. Cette grève intervient huit mois après une précédente mobilisation centrée sur des négociations salariales, distincte du mouvement national des médecins libéraux de janvier dernier.
Des conditions de travail qui se dégradent
Isabelle Larroquet, déléguée syndicale CGT de la polyclinique, souligne que « les conditions de travail se dégradent dans le milieu de la santé en général, et chez nous en particulier ». Les revendications des grévistes incluent :
- Un manque d'effectif quotidien
- Des changements de planning et de service au dernier moment
- Des salaires qui stagnent depuis des années
- Un climat anxiogène persistant
« Nous sommes à bout », confie une aide-soignante, qui craint que ce « manque de moyens impacte la sécurité des patients ». Les salariés dénoncent également une pression accrue, avec des flux de travail qui augmentent sans compensation adéquate.
Un contexte de rumeurs sur un changement d'actionnariat
Cette mobilisation se déroule sur fond de rumeurs concernant un possible changement d'actionnariat au sein du groupe GBNA santé, suivi avec attention au-delà de Bordeaux, notamment à la maternité de la polyclinique Pau-Pyrénées. « On pense que oui, c'est ce qui se prépare », avance une syndicaliste, tout en précisant que « rien n'a été communiqué pour le moment ».
Isabelle Larroquet observe simplement que « le groupe essaye de faire des économies partout ». Elle ajoute : « On nous parle de déficit, mais on constate que les flux augmentent : on enchaîne, on enchaîne… Ce n'est plus possible. » Cette situation soulève des inquiétudes quant à la durabilité des services de santé dans la région.



