Les fonctionnaires d'Alès en grève contre le budget 2026 et la baisse des effectifs
Grève des fonctionnaires à Alès contre le budget 2026

Les agents publics manifestent leur colère au pied des Cévennes

Ce mardi 13 mai, la tension était palpable devant la sous-préfecture d'Alès dans le Gard. Les branches gardoises de la FSU et de l'union locale CGT se sont rassemblées lors d'un pique-nique revendicatif, marquant une journée de grève des fonctionnaires déterminés à faire entendre leurs revendications.

"On en a ras-le-bol", lance avec véhémence Martine Sagit, secrétaire générale de l'UL CGT. "On a aucune reconnaissance !" Devant le bâtiment administratif, les affiches commencent à être disposées sur les glissières de sécurité en béton, portant des messages comme "Les services publics rythment les pas de nos vies".

Une mobilisation syndicale unie

Martine Sagit et Myriam Vermale, enseignante dans le premier degré et représentante de la FSU dans le Gard sur le secteur d'Alès, s'apprêtent à prendre la parole. Au nom des deux syndicats qu'elles représentent, elles portent des revendications convergentes qui cristallisent le mécontentement général.

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Le déclencheur de cette colère ? Le ministère de l'Économie a décidé de réduire le budget 2026 de 40 milliards d'euros, tout en demandant aux autres ministères de "présenter une diminution des effectifs". Cette double peine - baisse budgétaire et réduction des effectifs de fonctionnaires - a servi de catalyseur à la mobilisation.

Les revendications principales des syndicats

Les deux organisations syndicales exigent :

  • L'adaptation de tous les salaires à l'inflation en cours
  • L'annulation de la réforme des retraites
  • L'arrêt du recrutement de contractuels

"Le point d'indice n'ayant pas augmenté depuis 2023, les fonctionnaires ont perdu du pouvoir d'achat", rappellent les syndicalistes. Concernant les contractuels, Martine Sagit dénonce une situation d'exploitation : "Ils sont moins bien payés que les fonctionnaires titulaires".

Myriam Vermale ajoute : "Ils bénéficient d'un salaire qui pourrait être réservé à ceux qui ont eu un concours", pointant du doigt ce qu'elle considère comme une injustice systémique.

L'Éducation nationale en première ligne

Dans son dernier communiqué, la FSU alerte sur la crainte d'une rentrée 2025-2026 atrophiée. L'organisation syndicale signale que "dans les écoles, collèges et lycées, l'ensemble des personnels voient se profiler une nouvelle rentrée dans des conditions de travail très dégradées".

Les conséquences sont déjà visibles :

  1. Des classes ferment, notamment en maternelle, faute de dotations suffisantes
  2. Les conditions d'éducation des élèves en situation de handicap ne s'améliorent pas
  3. L'école publique souffre d'une concurrence déloyale face à l'école privée

Myriam Vermale développe ce dernier point : "Ils sont financés par nos impôts. Alors ils ont les avantages, sans les contraintes". Bien que soumise à des textes législatifs comme la loi Debré qui l'oblige à respecter les programmes de l'Éducation nationale, l'organisation interne et la gestion des professeurs de l'école privée restent propres à chaque établissement.

Cette mobilisation à Alès s'inscrit dans un contexte national de tensions croissantes au sein de la fonction publique, alors que le gouvernement prépare un budget 2026 qui promet d'être particulièrement austère pour les services publics et leurs agents.

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