Surendettement : les femmes seules et les mères en première ligne selon la Banque de France
La Banque de France a publié une note alarmante jeudi 5 mars, mettant en lumière le surendettement qui frappe de manière disproportionnée les personnes seules, en particulier les femmes et les cheffes de famille monoparentale. L'institution déplore également le recours insuffisant aux procédures légales de redressement, malgré leur utilité pour suspendre, étaler ou effacer partiellement les dettes.
Une surreprésentation inquiétante des personnes seules
Les économistes de la banque centrale indiquent que 73,0 % des dossiers de surendettement concernent des personnes vivant seules, alors qu'elles ne constituent que 48,5 % de la population française selon les données de l'Insee. Cette surreprésentation est particulièrement marquée chez les femmes, avec les mères isolées en tête de liste.
Facteurs expliquant la vulnérabilité des femmes
Plusieurs éléments contribuent à cette situation préoccupante. Les femmes disposent en moyenne de revenus et d'un patrimoine moindres que les hommes, rencontrent plus de difficultés pour accéder à la propriété de leur résidence principale, et ont plus fréquemment plusieurs enfants à charge. De plus, les entrepreneuses individuelles sont plus endettées que les autres femmes en situation de surendettement, avec une proportion de 45 % parmi les entrepreneurs surendettés, alors qu'elles ne représentent que 25 % de l'ensemble des entrepreneurs individuels.
Les freins psychologiques à la demande d'aide
La Banque de France souligne que près de 80 % des personnes hésitent à recourir à la procédure de surendettement, un chiffre qui masque des disparités de genre. Le sentiment de honte et de gêne associé à cette démarche est plus fort chez les femmes, avec 59 % d'entre elles le ressentant, soit 5 points de plus que chez les hommes. Ce frein psychologique explique en partie le faible taux de recours aux aides disponibles, aggravant ainsi la précarité financière de ces populations vulnérables.



